Ebola à Kisangani : L’Église sonne l’alerte, l’archevêque Utembi appelle à une vigilance sans compromis

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Le sanctuaire face au risque invisible

À Kisangani, dans la province de la Tshopo, l’inquiétude sanitaire franchit les portes du sacré. Alors que l’épidémie d’Ebola continue de sévir dans l’Ituri voisin, l’archevêque métropolitain, Marcel Utembi, a lancé un appel solennel à la vigilance. Une prise de position relayée par Okapi.net, qui inscrit désormais la lutte sanitaire au cœur des espaces religieux.

Une frontière sanitaire poreuse

Onze jours après la déclaration officielle de la 17ᵉ épidémie, le prélat alerte sur les risques liés à l’intensité des mouvements de populations, notamment sur la Route nationale 4 et à l’aéroport de Bangboka. Dans cette géographie de mobilité, le virus circule plus vite que les dispositifs de contrôle. « Pas de psychose, mais une vigilance absolue », a déclaré Mgr Utembi, résumant l’équilibre fragile entre foi, sérénité et discipline sanitaire.

Quand la liturgie s’adapte à la maladie

Dans un message pastoral d’urgence, l’archevêque demande un changement profond des habitudes ecclésiales. Poignées de main, accolades et gestes de fraternité sont temporairement suspendus, au profit de mesures de protection strictes. L’Église devient ainsi un relais sanitaire à part entière, transformant ses pratiques sociales en barrière épidémiologique.

Les gestes simples comme remparts

Le message reprend les recommandations du ministère de la Santé : lavage régulier des mains, évitement du contact avec la faune sauvage retrouvée morte, et interdiction de manipulation des corps sans protection. Ces gestes, simples en apparence, deviennent des instruments de survie collective dans un contexte où chaque contact peut devenir vecteur de transmission.

La vigilance comme doctrine commune

L’archevêque insiste également sur la nécessité d’identifier rapidement les cas suspects : fièvre, fatigue intense, vomissements ou saignements doivent déclencher un réflexe immédiat de distance et de signalement. Cette doctrine sanitaire s’inscrit dans une logique plus large : transformer la conscience collective en premier rempart contre la propagation du virus.

Entre foi et prévention

« La prudence est la sœur de la survie », pourrait résumer cette posture pastorale face à la crise. Dans un contexte où le sacré rencontre l’épidémiologique, la vigilance devient une forme de responsabilité spirituelle et citoyenne. Et comme le rappelait Albert Camus : « La seule façon de lutter contre la peste, c’est l’honnêteté ». Une vérité qui résonne ici comme un appel universel à la lucidité et à la discipline collective.

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

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