Ebola à Goma : Kinshasa accuse Kigali d’asphyxier la riposte, le spectre d’une catastrophe sanitaire plane sur l’Est congolais

Le virus au milieu des fusils

Selon l’information consultée sur ACP par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, le gouvernement de la RDC a exigé, jeudi 21 mai, le retrait des troupes du Rwanda de l’Est congolais, accusant leur présence d’entraver la lutte contre l’épidémie d’Ebola signalée à Goma. Depuis Kinshasa, le porte-parole du gouvernement, a dénoncé des restrictions frontalières et des obstacles imposés aux experts sanitaires dans des zones sous tension.

Goma, la ville prise en étau

« Les troupes rwandaises doivent se retirer parce qu’elles ont démontré qu’elles n’ont aucune capacité », a déclaré le ministre. Une phrase lourde de sous-entendus diplomatiques. Derrière l’urgence médicale apparaît une bataille géopolitique où la santé publique devient un champ d’affrontement régional. Kinshasa accuse également le Rwanda  d’empêcher les équipes médicales de circuler librement dans certaines zones.

Les frontières qui étouffent

Découverte en 1976 à Yambuku, Ebola revient hanter la mémoire collective congolaise. La RDC fait face à sa 17e épidémie. Cette fois, le variant Bundibugyo inquiète moins par sa létalité que par le chaos sécuritaire qui ralentit la riposte. Albert Camus écrivait dans La Peste : « Le fléau n’est pas à la mesure de l’homme. » À Goma, le virus avance désormais dans les fissures de la guerre.

Quand la géopolitique contamine la santé

L’Est congolais révèle une réalité brutale : aucune stratégie sanitaire ne survit durablement au désordre des armes. Entre tensions régionales, accès humanitaire bloqué et peur collective, les civils restent les premières victimes d’une crise à plusieurs visages.

« Là où les armes parlent, les médecins murmurent », résume un analyste humanitaire à Kinshasa.  Et pendant que les États se renvoient les responsabilités, Ebola, lui, continue de franchir silencieusement les frontières invisibles de la peur.

Didier BOFATSHI

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