
Retour des armes, retour du contrôle
Masisi, 21 mai 2026. L’agglomération de Kinigi, dans le secteur de Katoy, est passée sous contrôle des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les wazalendo, à l’issue d’intenses affrontements contre les rebelles de l’AFC/M23. Une reprise stratégique qui s’inscrit dans la continuité des opérations de reconquête dans le Nord-Kivu, région en tension permanente.
Le choc des positions
Les combats ont éclaté dans la soirée du 20 mai, lorsque les forces loyalistes ont lancé une offensive coordonnée contre les positions rebelles. Selon des sources relayées par ACTUALITE.CD, les affrontements ont été particulièrement violents, provoquant un basculement rapide du contrôle territorial. « Le terrain change de mains au rythme des offensives », confie une source sécuritaire locale, soulignant la volatilité de la zone.
Repli et recomposition
Face à la pression militaire, les combattants de l’AFC/M23 ont opéré un repli vers Rubaya. L’armée poursuit désormais des opérations de ratissage destinées à stabiliser l’axe et empêcher toute reconsolidation des positions adverses. Mais sur le terrain, la situation reste fluide, fragile, incertaine.
Civils en errance
Derrière la reconquête militaire, une autre réalité s’impose : celle des populations déplacées. Plusieurs milliers de civils ont fui les combats, abandonnant habitations et activités. Ils s’entassent désormais dans des zones périphériques, souvent dépourvues d’assistance humanitaire adéquate. « Nous avons tout laissé derrière nous », confie un déplacé, décrivant une fuite précipitée face à l’intensité des combats.
Une victoire à double visage
La reprise de Kinigi illustre la capacité de projection des forces gouvernementales, mais révèle aussi la persistance d’un cycle de violence dans l’Est congolais. La sécurité territoriale avance par percées successives, tandis que la stabilité civile recule sous la pression des déplacements massifs.
La terre reprise, la vie suspendue
La reconquête de Kinigi marque un gain tactique, mais non encore une stabilisation durable. Dans le Nord-Kivu, chaque victoire militaire porte son revers humain. Comme le rappelait Thucydide : « La guerre est une chose violente, qui emporte tout sur son passage. » Et sur les collines de Masisi, la terre change de mains, mais les vies, elles, restent en suspens.
Didier BOFATSHI