Entre l’appel institutionnel et les initiatives religieuses déjà engagées, la question de la mise en œuvre reste centrale.
À Kinshasa, le 15 septembre 2026, Aimé Boji Sangara a appelé la CENCO et l’ECC à accompagner le consensus autour du dialogue national voulu par Félix Tshisekedi. Son intervention intervient après plusieurs mois de consultations religieuses et politiques. Elle remet surtout en lumière une question : quelle place concrète les deux Églises occuperont-elles dans le processus ?
Dialogue national RDC : un appel inscrit dans le cadre républicain
À l’ouverture de la session ordinaire de septembre, le président de l’Assemblée nationale a défendu un dialogue respectueux des institutions et de la souveraineté. « Un dialogue patriotique suppose que chacun accepte de faire prévaloir la seule force qui vaille, celle de la raison et du bon sens. Il doit donc s’inscrire dans le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et des institutions de la République », a-t-il lancé.
Il a ensuite ciblé le rôle des confessions religieuses. « Dans cette démarche, les confessions religieuses, et particulièrement l’Église catholique et l’Église protestante, ont une responsabilité importante. Elles sont appelées à accompagner le processus de construction du consensus national dans un esprit d’apaisement, de vérité et de réconciliation, pour l’intérêt supérieur de la nation ».
De 2025 à 2026, une initiative déjà structurée
La CENCO et l’ECC ne partent pas de zéro. En janvier 2025, elles ont lancé leur « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble ». Leur feuille de route prévoit une mobilisation citoyenne et une démarche de paix dans la RDC et les Grands Lacs.
En juillet 2026, les deux Églises ont poursuivi leurs consultations politiques sur le dialogue national. Le président Félix Tshisekedi avait alors échangé avec leurs représentants sur cette dynamique.
Cette chronologie donne un relief particulier à l’appel de Boji. Il ne s’agit plus seulement de savoir si les Églises seront entendues. Il faut désormais déterminer comment leur expérience de consultation s’articulera avec le processus institutionnel.
Le consensus reste à traduire en actes
Aimé Boji a également insisté sur la dimension congolaise du processus. « À nos partenaires internationaux ici représentés, nous vous appelons à accompagner cette dynamique avec bienveillance. Le dialogue national initié est avant tout une initiative congolaise, qui doit être conduite par les Congolais et dans le respect de notre souveraineté », a-t-il insisté.
Cette exigence rejoint l’approche du Pacte social, qui associe paix, cohésion nationale et dimensions politiques, économiques et sociales.
Le philosophe Hannah Arendt rappelait que le pouvoir naît de la capacité des hommes à agir ensemble. Cette idée éclaire ici un point précis : l’appel au consensus ne produira d’effet que si les acteurs disposent d’un cadre réel pour participer, délibérer et transformer les engagements en actes.
Le fait établi reste donc simple : Aimé Boji demande aux Églises d’accompagner le consensus. La prochaine étape sera de préciser les mécanismes de cette participation. Quelle place concrète la CENCO et l’ECC auront-elles dans la mise en œuvre du dialogue national ?
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