À Limete, la marche a quitté le cadre prévu. La rupture du dispositif d’encadrement pose la question de la maîtrise de l’espace public.

La marche de la C64 du mardi 15 septembre 2026 n’a pas atteint son point de chute à Kinshasa. Partie de l’Échangeur de Limete, elle devait rejoindre le siège de l’ECIDé après un accord sur son itinéraire. Des affrontements ont éclaté aux 11e et 12e rues. La police a utilisé des gaz lacrymogènes. Martin Fayulu accuse l’Hôtel de ville. Cette version reste à distinguer des faits établis.

Marche C64 à Kinshasa : le dispositif se rompt à Limete

La C64 avait obtenu la modification de son itinéraire. Le Palais du Peuple ne constituait plus le point de chute. L’accord annoncé par Israël Mutala prévoyait une convergence vers le siège de l’ECIDé, près du stade des Martyrs.

Le cortège a d’abord avancé sous encadrement policier. Puis la situation s’est tendue sur le boulevard Lumumba. Des jeunes présentés par plusieurs sources comme membres de la Force du progrès ont bloqué la progression. La police a ensuite dispersé la foule avec des gaz lacrymogènes.

Le point essentiel se situe là. Un dispositif destiné à sécuriser une manifestation n’a pas permis au cortège d’atteindre sa destination. La C64 n’a donc pas pu déposer son mémorandum comme prévu.

Fayulu accuse, la vérification reste ouverte

Martin Fayulu attribue directement les violences à l’Hôtel de ville, à la police et à la Force du progrès.

« On leur a dit que nous n’avons pas besoin de la violence. Et qui a fait la violence ? C’est l’hôtel de ville, via la police et les éléments de la force du progrès, milice privée du parti-État, l’UDPS ».

Cette déclaration constitue la lecture de l’opposant. Elle ne démontre pas, à elle seule, une coordination entre ces acteurs. Radio Okapi rapportait d’ailleurs que la police ne disposait pas encore de rapport sur l’incident lorsqu’elle a été interrogée.

Le nombre exact de victimes reste également à consolider. Plusieurs sources ont signalé des blessés, sans bilan officiel consolidé au moment des premières vérifications.

Le droit de manifester confronté à la logique de sécurité

Jean-Jacques Rousseau écrivait dans Du contrat social : « Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit. »

La citation éclaire directement l’épisode de Limete. Elle rappelle que la force publique ne trouve sa légitimité que dans la règle qui encadre son usage. Le problème n’est donc pas seulement la dispersion du cortège. Il réside dans la capacité des institutions à maintenir un cadre prévisible lorsque la mobilisation devient tendue.

Le cas congolais dépasse ainsi la confrontation entre pouvoir et opposition. Il touche au rapport entre liberté de manifestation, sécurité publique et responsabilité institutionnelle.

Après Limete, quelle garantie pour les manifestations ?

La journée du 15 septembre montre surtout l’écart entre un itinéraire négocié et son exécution sur le terrain. L’accord politique sur le parcours n’a pas suffi à garantir son aboutissement.

Cette rupture mérite donc une clarification documentée. Qui contrôlait effectivement le dispositif aux 11e et 12e rues ? Pourquoi le cortège n’a-t-il pas atteint le point convenu ? Quel bilan humain et judiciaire sera finalement établi ?

Ces réponses permettront de distinguer les responsabilités des perceptions politiques.

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