Soixante-cinq ans après l’assassinat de Patrice Lumumba, la justice belge frappe encore : Étienne Davignon, dernier responsable belge vivant impliqué dans les décisions ayant conduit à la mort du Premier ministre congolais, est renvoyé devant le tribunal correctionnel. Entre mémoire, crimes imprescriptibles et responsabilité historique, le passé se rappelle au présent avec une force bouleversante.
Le poids des télex
La chambre du conseil de Bruxelles a suivi les réquisitions des avocats de la famille Lumumba, ordonnant le renvoi de Davignon pour « participation à des crimes de guerre ». Selon ces derniers, les faits reposent sur des télex diplomatiques et documents officiels, témoins écrits d’« une entreprise criminelle commune ». Comme le souligne Pierre Benazet, correspondant à Bruxelles : « Les preuves ne sont pas dans les souvenirs, elles sont sur le papier. »
Le dernier survivant
Âgé de 93 ans, Étienne Davignon est le dernier responsable belge vivant visé par la plainte déposée en 2011. À l’époque, neuf autres Belges, diplomates, policiers et militaires, étaient également ciblés pour leur rôle dans le soutien de la sécession du Katanga. Aujourd’hui, il incarne le lien tangible entre la Belgique contemporaine et les décisions tragiques du passé.
Mémoire et justice
La décision de renvoi devant le tribunal correctionnel n’est pas seulement juridique : elle est symbolique. Elle rappelle que certains crimes, qualifiés d’« imprescriptibles », traversent les décennies et interpellent les consciences. Comme le rappelle un avocat de la famille Lumumba : « On ne peut pas enterrer la vérité avec les morts. Elle revient toujours frapper aux portes des vivants. »
Avec cette décision, Bruxelles s’inscrit dans une démarche de responsabilité historique : « La justice peut être lente, mais elle finit toujours par rattraper le temps et les hommes ». Et comme le disait Victor Hugo : « Les siècles passent, la vérité reste. »
RFI / VF7, via voltefaceinfos7.com