L’attaque de drones contre Moscou a franchi un nouveau seuil le 17 au 18 août. Selon le maire Sergueï Sobianine, 620 drones ont visé la région de la capitale. La défense russe en a abattu 180. Trois personnes ont été blessées. L’enjeu dépasse le front ukrainien.

Attaque de drones contre Moscou : les faits

L’opération a touché Moscou et sa région. Un entrepôt de Wildberries a subi des dégâts limités. Reuters précise que les 620 appareils étaient dirigés vers la région, sans affirmer que tous ont atteint Moscou.

Ulrich Bounat résume cette évolution : « Donc on voit une montée en puissance de la capacité en volume et en distance des Ukrainiens à frapper le territoire russe. »

Cette déclaration décrit une évolution militaire. Elle ne prouve pas une intention politique précise. Kyiv n’a pas détaillé l’objectif complet de cette opération.

Une guerre qui gagne en profondeur

La répétition constitue le fait central. Le 16 août, 600 drones avaient déjà été dirigés vers la région moscovite. Un homme de 83 ans est mort à Podolsk après une frappe visant un site de Wildberries, selon Rfi.

Clausewitz écrivait : « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens ». La distance ne protège plus totalement les centres russes.

Moscou devient un espace de pression

Les frappes contre les infrastructures logistiques ajoutent une dimension économique. Wildberries représente un réseau commercial.

Le sens caché retenu est ici clair : la profondeur territoriale russe perd progressivement son rôle de protection. La guerre entre ainsi dans des espaces éloignés.

Cette évolution ne prouve pas que Moscou changera de politique. Elle montre que les deux camps peuvent exercer une pression à distance.

La question reste ouverte : jusqu’où cette guerre de profondeur peut-elle modifier l’équilibre militaire sans élargir davantage le conflit ?

Didier BOFATSHI

RFI / VFI7

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