Quand les villages s’éteignent
MASISI, Nord-Kivu, 30 mai 2026. La localité de Nyabiondo, dans le territoire de Masisi, s’enfonce dans une crise humanitaire alarmante à la suite des affrontements persistants entre les combattants Wazalendo et les rebelles de l’AFC/M23. Selon les informations publiées par Beto.cd, relayant une dépêche de Radio Okapi, et consultées par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, plusieurs villages se sont progressivement vidés de leurs habitants ces derniers jours, tandis que les populations civiles fuient les combats qui secouent une partie du Nord-Kivu. La détérioration de la situation sécuritaire s’accompagne désormais d’une aggravation des conditions humanitaires, marquée par des pénuries de médicaments, la flambée des prix et l’isolement de plusieurs localités.
La guerre chasse les habitants
Les combats touchent notamment les localités de Kasenyi, Kinigi, Runigi, Kanyaru, Nyakigano, Nyamyamba et Kasaki, autour de Rubaya. Dans ces zones, le bruit des armes a remplacé le rythme de la vie quotidienne.
Selon des sources locales, de nombreux habitants ont abandonné leurs maisons pour chercher refuge dans des zones supposées plus sûres. À Nyabiondo, les lignes de front évoluent rapidement. Les Wazalendo ont repris brièvement le contrôle de la localité mercredi dernier avant d’être à nouveau repoussés par les combattants de l’AFC/M23.
Cette instabilité militaire entretient un climat de peur permanent parmi les populations civiles.
Les routes du secours se ferment
Au-delà des affrontements, la crise humanitaire gagne du terrain. La route stratégique reliant Ngungu à Ufamandu demeure coupée depuis plus de dix jours, compliquant considérablement l’acheminement de l’aide et la circulation des personnes.
Dans les zones de Katoyi et de la chefferie des Bahunde, les conséquences deviennent de plus en plus visibles. Des structures sanitaires signalent déjà des ruptures de médicaments essentiels, tandis que les produits de première nécessité deviennent inaccessibles pour de nombreuses familles en raison de la hausse continue des prix.
La guerre ne détruit pas seulement les infrastructures ; elle fragilise également les mécanismes de survie des communautés.
Une bataille aux conséquences régionales
D’après les notables locaux, les Wazalendo seraient revenus à la charge après une première offensive repoussée mardi soir par l’AFC/M23. Parallèlement, la tension demeure vive dans le secteur Osso-Banyungu, à l’ouest, faisant craindre une extension des combats vers d’autres zones déjà vulnérables.
Cette dynamique militaire intervient dans un contexte où le territoire de Masisi reste l’un des épicentres de la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo depuis plusieurs années.
Les civils, éternels otages des armes
À chaque avancée, à chaque repli, ce sont les populations qui paient le prix le plus lourd. Les déplacements forcés, l’insécurité alimentaire, l’effondrement des services de santé et la peur permanente dessinent le visage humain de ce conflit.
Comme le rappelait l’ancien Secrétaire général des Nations unies Dag Hammarskjöld : « La paix n’est pas seulement l’absence de guerre, mais la présence de la justice et de la sécurité. »
À Nyabiondo, les armes continuent de parler plus fort que les espoirs. Derrière les statistiques et les mouvements militaires, des milliers de familles attendent désormais un retour à la stabilité, tandis que l’urgence humanitaire gagne chaque jour du terrain dans les collines meurtries du Masisi.
Didier BOFATSHI

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