Une mémoire en héritage

La République Démocratique du Congo a rendu un ultime hommage à l’abbé Pierre Mukuna, vice-recteur honoraire de l’Université catholique du Congo (UCC), lors d’une cérémonie empreinte d’émotion organisée à la paroisse Notre-Dame du Congo, à Kinshasa. En présence du président Félix Tshisekedi, l’Église et le monde académique ont salué la mémoire d’un homme dont l’œuvre a profondément marqué plusieurs générations.

L’abbé Pierre Mukuna s’est éteint, mais son héritage demeure. Éducateur, théologien et historien, il laisse l’image d’un homme de rigueur et de foi, consacré à la formation de la jeunesse congolaise.

À son arrivée, le chef de l’État a déposé une gerbe de fleurs avant d’observer un moment de recueillement devant la dépouille de celui que beaucoup considèrent comme l’une des grandes figures intellectuelles de l’Église catholique congolaise.

Le maître des consciences

Prenant la parole au nom de la Présidence, Bruno Miteyo, chef de la Maison civile du Président de la République, a souligné la discipline et l’engagement pédagogique du disparu.

« Derrière sa fermeté se cachait une confiance en l’éducation et le désir de préparer des hommes capables de servir Dieu et la société avec intégrité », a-t-il déclaré.

Il a également rappelé les liens particuliers qui unissaient l’abbé Pierre Mukuna à la famille présidentielle, notamment à travers son amitié de longue date avec feu Mgr Gérard Mulumba.

Le savant et le pasteur

L’Université catholique du Congo a, elle aussi, perdu l’un de ses piliers. Dans son oraison funèbre, le recteur de l’UCC, l’abbé Léonard Santedi, a dressé le portrait d’un universitaire exceptionnel.

« Aujourd’hui, l’Université catholique du Congo pleure un maître (…) un maître en sciences, mais aussi un maître en humanité », a-t-il témoigné.

Le père Sylvain Badibanga a, quant à lui, salué l’immense contribution du défunt à la recherche théologique, à l’enseignement supérieur et à la transmission des valeurs spirituelles.

Quand les bâtisseurs s’en vont

Au-delà du deuil, ces obsèques interrogent sur la transmission des savoirs et des valeurs dans une société en quête de repères. L’abbé Pierre Mukuna appartenait à cette génération de clercs-intellectuels qui considéraient l’éducation comme un levier de transformation sociale.

Comme l’écrivait Victor Hugo, « les morts sont les invisibles, mais ils ne sont pas les absents ». À travers les milliers d’étudiants qu’il a formés, ses écrits et son témoignage de vie, l’abbé Pierre Mukuna demeure présent dans la mémoire collective congolaise.

La disparition d’un tel homme rappelle qu’une nation se construit aussi par ses éducateurs, ses penseurs et ses passeurs de conscience. En leur rendant hommage, c’est une part de son propre héritage que la République choisit de préserver.

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

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