L’ombre virale aux portes de Bukavu
Kabare, 21 mai 2026. Une nouvelle alerte sanitaire secoue le Sud-Kivu après la notification d’un cas suspect de maladie à virus Ebola dans la zone de santé de Miti-Murhesa, à une vingtaine de kilomètres de Bukavu. Le patient, un jeune homme revenu récemment d’Ituri — épicentre actuel de l’épidémie — est décédé après avoir présenté des symptômes compatibles avec une fièvre hémorragique. Les informations ont été relayées par Radio Okapi .
Le trajet silencieux du virus
Avant d’intégrer le circuit médical officiel, le malade avait consulté un cabinet privé puis un tradipraticien. Ce parcours, fréquent dans plusieurs régions du pays, révèle les fragilités persistantes du système sanitaire et les retards de prise en charge susceptibles de favoriser la transmission communautaire. « L’homme est décédé avec des saignements et une forte fièvre », a indiqué le docteur Crispin Mutwedu, épidémiologiste à la Division provinciale de la santé.
Famille sous surveillance
L’inquiétude s’est accentuée après l’apparition de symptômes chez l’épouse et le jeune frère du défunt. Fièvre, céphalées, suspicion clinique : les deux proches font désormais l’objet d’une surveillance renforcée. Un enterrement digne et sécurisé a été organisé pour limiter les risques de propagation.
Goma, laboratoire de l’angoisse
Quatre échantillons biologiques ont été transférés vers le laboratoire de l’Institut national de recherche biomédicale à Goma. Les autorités sanitaires restent en état d’alerte dans l’attente des résultats moléculaires. Comme le rappelait Louis Pasteur : « La science n’a pas de patrie, parce que le savoir est le patrimoine de l’humanité. » Mais face à Ebola, la science doit aussi courir plus vite que la peur.
Une province sous tension sanitaire
Cette nouvelle suspicion intervient dans un contexte de recrudescence régionale de la souche Bundibugyo, pour laquelle aucun vaccin homologué n’est encore disponible. La rapidité du traçage et de l’isolement devient donc essentielle pour éviter une extension du foyer épidémique vers les grandes agglomérations.
La vigilance contre l’invisible
À Miti-Murhesa, l’épidémie rappelle brutalement que les frontières sanitaires restent poreuses dans un pays marqué par la mobilité des populations et les fragilités structurelles du système de santé. Et comme l’écrivait Albert Camus dans La Peste : « Le fléau n’est pas à la mesure de l’homme ; on se dit donc que le fléau est irréel. » Pourtant, au Sud-Kivu, l’invisible avance déjà dans les couloirs de l’urgence.
Didier BOFATSHI
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Kinshasa : Les constructions anarchiques de la N’Sele promises aux bulldozers, le bras foncier de l’État se durcit Le compte à rebours des démolitions Kinshasa, 20 mai 2026 — Une vaste opération de déguerpissement se prépare dans l’Est de la capitale congolaise. Les constructions jugées anarchiques érigées sur la concession de , dans la commune de la N’Sele, seront détruites à partir du 1er juillet prochain. L’annonce marque une nouvelle étape dans la lutte contre l’occupation illégale des espaces fonciers stratégiques à Kinshasa. Le foncier au cœur des tensions urbaines La zone concernée s’étend de la rivière Lingundu à Safari Beach, le long du boulevard Lumumba jusqu’au fleuve Congo. Les occupants des parcelles sont sommés de quitter les lieux avant le lancement des opérations. Derrière cette mesure se profile une bataille plus profonde : celle du contrôle du territoire urbain dans une mégapole confrontée à une urbanisation rapide, désordonnée et souvent informelle. La ville qui déborde ses propres règles À Kinshasa, les constructions anarchiques traduisent autant la pression démographique que les fragilités de la gouvernance foncière. Faute d’accès structuré au logement, de nombreux ménages s’installent dans des zones litigieuses ou non viabilisées, créant des quartiers entiers bâtis dans l’incertitude juridique. Mais pour les autorités et les détenteurs des concessions, ces occupations représentent une remise en cause directe du droit de propriété et des décisions judiciaires. Justice foncière ou fracture sociale ? L’opération annoncée s’appuie sur des décisions de justice rendues en faveur de la société CIIG SAS. Les autorités assurent vouloir restaurer la légalité et prévenir de nouveaux contentieux. Toutefois, ces déguerpissements soulèvent aussi une question sociale sensible : celle du devenir des familles concernées dans une capitale où l’accès au logement demeure une crise silencieuse. Comme le rappelait Henri Lefebvre : « La ville est le reflet des rapports de pouvoir. » Kinshasa face à son désordre urbain Cette opération illustre la volonté croissante des autorités de reprendre le contrôle d’une expansion urbaine souvent incontrôlée. Entre spéculation foncière, occupations illégales et faiblesse de la planification, Kinshasa continue de grandir plus vite que ses mécanismes de régulation. Conclusion : la ville entre droit et survie Derrière les murs promis à la démolition se cache le paradoxe urbain congolais : défendre la légalité sans ignorer la précarité sociale. Et comme l’écrivait Victor Hugo : « Une ville est un monde quand on aime un de ses habitants. » À la N’Sele, ce monde risque bientôt d’être réduit en gravats au nom de l’ordre foncier. Donald Trump va «lever des restrictions sur de puissants gaz à effets de serre» Publié le : 21/05/2026 – 17:26 Modifié le : 21/05/2026 – 17:27 Publicité Donald Trump s’apprête à lever des restrictions imposées par son prédécesseur Joe Biden sur de puissants gaz à effet de serre utilisés dans la réfrigération et la climatisation, a indiqué jeudi 21 mai un responsable de la Maison Blanche. Ce dernier confirme des informations publiées par USA Today. Les gaz à effet de serre fluorés ont un très fort pouvoir de réchauffement. faites de meme Trump relance les gaz fluorés : Washington rouvre la porte aux “bombes invisibles” du climat Le retour des gaz du réchauffement Washington, 21 mai 2026 — s’apprête à lever plusieurs restrictions environnementales imposées sous l’administration de concernant les gaz fluorés utilisés dans les systèmes de réfrigération et de climatisation. Une décision confirmée par la Maison Blanche et révélée par USA Today, qui ravive les tensions autour de la politique climatique américaine à quelques mois d’échéances stratégiques internationales. Des gaz invisibles, un impact colossal Les gaz fluorés, notamment les hydrofluorocarbures (HFC), possèdent un pouvoir de réchauffement largement supérieur à celui du dioxyde de carbone. Invisibles dans l’atmosphère, ils figurent pourtant parmi les accélérateurs les plus redoutés du dérèglement climatique. La mesure envisagée par Donald Trump marque ainsi un retour assumé vers une logique de dérégulation énergétique et industrielle, privilégiant la compétitivité économique immédiate face aux impératifs climatiques globaux. L’économie contre l’urgence climatique Pour les défenseurs de cette orientation, l’assouplissement réglementaire vise à réduire les contraintes pesant sur les industries américaines du froid et de la climatisation. Mais pour les organisations environnementales, cette décision constitue un signal préoccupant dans un contexte mondial déjà marqué par des records de chaleur et des catastrophes climatiques répétées. Comme l’écrivait le climatologue James Hansen : « Le réchauffement climatique n’est plus une théorie, c’est une réalité physique. » Une fracture idéologique américaine Ce revirement illustre aussi la profonde polarisation politique des États-Unis sur la question écologique. Là où l’administration Biden défendait une transition énergétique accélérée, Donald Trump réactive une vision souverainiste fondée sur la réduction des contraintes environnementales. Le climat devient ainsi un champ de confrontation politique autant qu’un enjeu scientifique. Le paradoxe du froid qui réchauffe Ironie du temps moderne : les technologies conçues pour refroidir les villes participent elles-mêmes à l’élévation des températures mondiales. Derrière les climatiseurs et les chaînes frigorifiques se cache une bataille silencieuse pour l’avenir climatique de la planète. Conclusion : le climat sous arbitrage politique La décision américaine pourrait influencer les engagements environnementaux mondiaux et fragiliser certains mécanismes internationaux de réduction des émissions. Et comme le rappelait Antoine de Saint-Exupéry : « Nous n’héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants. » À Washington, cet héritage climatique redevient aujourd’hui un objet de combat politique. Ebola en RDC: un incident éclate au centre de soins de Rwampara, deux tentes mises à feu À Rwampara, à une dizaine de kilomètres de Bunia, des proches d’un malade décédé d’Ebola ont mis le feu aux tentes du centre de traitement, jeudi 21 mai 2026, après que les équipes médicales ont refusé de leur remettre le corps. Trois malades confirmés et trois cas suspects ont profité de la confusion pour fuir. Le ministre de la Santé, Roger Kamba, a réagi immédiatement. Le récit d’une journée sous tension. Publié le : 21/05/2026 – 18:15 3 minTemps de lecture Des tentes en feu au centre de traitement contre Ebola à Rwampara, en RDC, le 21 mai 2026. Des tentes en feu au centre de traitement contre Ebola à Rwampara, en RDC, le 21 mai 2026. REUTERS – Gradel Muyisa Mumbere Par : Patient Ligodi Publicité Le matin : un responsable d’Alima décrit des structures débordées Barry Mamadou Kaba, chef de mission de l’ONG Alima en RDC, exposait déjà sur RFI une situation difficile. À Rwampara, les malades étaient répartis entre deux structures : l’hôpital général et le CME, une structure privée voisine. Alima avait installé des tentes en urgence pour séparer les cas suspects des autres malades et sécuriser le personnel soignant. « Les besoins sont criants », disait Barry Mamadou Kaba. Pour construire un vrai centre de traitement Ebola, avec des circuits adaptés, des espaces individualisés, une protection correcte pour les soignants comme pour les patients, il faut des moyens financiers. Des moyens que les partenaires n’ont pas aujourd’hui. Si les fonds arrivent, estimait Barry Mamadou Kaba, le centre peut être prêt en une semaine. Alima avait aussi acheminé ses cubes vers Bunia : des chambres d’urgence biosécurisées qui permettent d’isoler chaque patient individuellement tout en maintenant sa dignité et en protégeant le soignant. À Rwampara, au moment où Barry Mamadou Kaba s’exprimait, cinq cas suspects et un cas confirmé étaient suivis à l’hôpital général. À lire aussi Ebola en RDC: 159 décès estimés et 626 cas suspects, annonce le ministre de la Santé congolais sur RFI L’après-midi : l’incident Alors que la journée n’était pas terminée, un patient positif à Ebola est décédé au centre de traitement de Rwampara. Ses amis, des motards, ont voulu récupérer le corps. Les équipes médicales ont expliqué les risques et tenté de les dissuader, sans succès. Les hommes ont mis le feu aux deux tentes. Ce qu’explique le ministre de la Santé Roger Kamba, ministre de la Santé, a réagi immédiatement, interrogé par RFI. Ebola ne se transmet pas comme le Covid-19 : ce n’est pas une maladie respiratoire. Le virus se transmet par contact avec les sécrétions corporelles : sang, urines, selles, vomissures, transpiration. Tous ces liquides contiennent le virus. Un corps décédé d’Ebola reste contagieux. Quiconque le manipule sans protection prend le risque de tomber malade. « Laissez-nous enterrer les décédés de manière sécurisée, a déclaré Roger Kamba. Le mort ne doit pas entraîner avec lui d’autres personnes dans la tombe. » Newsletter Recevez toute l’actualité internationale directement dans votre boite mail Je m’abonne À lire aussi Ebola: «Il reste encore beaucoup de travail à faire», estime Florent Uzzeni de Médecins sans frontières La réponse d’Alima Alima déplore la mise en danger de vies humaines et la destruction de dispositifs médicaux essentiels. L’ONG alerte sur la diffusion d’informations non vérifiées circulant sur les réseaux sociaux, susceptibles d’alimenter la peur et la défiance envers les équipes de santé. Dans un contexte aussi sensible, dit-elle, la circulation d’informations vérifiées est essentielle pour protéger les populations et garantir l’accès aux soins. Des mesures immédiates ont été mises en œuvre : réorganisation temporaire des espaces de soins, sécurisation des activités médicales, redéploiement d’équipements essentiels et préparation de solutions alternatives pour assurer la continuité de la prise en charge. Les besoins sur le terrain L’incident de Rwampara s’inscrit dans un contexte de sous-capacité documenté depuis plusieurs jours. À Bunia, Florent Uzzeni, responsable adjoint des urgences pour MSF-Suisse, arrivé sur place deux jours plus tôt, dressait le même tableau. Les structures d’isolement sont saturées. Hôpitaux, centres de santé, cliniques privées : il n’y a plus un seul lit disponible. « Il n’y a pas encore d’action très efficace sur le terrain. Il reste encore beaucoup de travail à faire », a-t-il dit à RFI.faites de meme Ebola en Ituri : chaos à Rwampara, des proches incendient un centre de soins et des patients s’échappent