
Conclu à Washington en décembre 2025 entre la République Démocratique du Congo et les États-Unis, le partenariat stratégique bilatéral, analysé par la Commission Justice et Paix de la CENCO, consacre la centralité géopolitique du Congo dans l’approvisionnement en minerais critiques. À Kinshasa, cet accord multisectoriel sécuritaire, énergétique et infrastructurel suscite espoirs de développement et craintes d’asymétrie stratégique.
Le ventre de la terre qui attire les puissances
Pour la CENCO, l’implication américaine « témoigne de l’intérêt et de la position hautement stratégique de la République démocratique du Congo dans la stratégie globale de sécurisation de l’approvisionnement […] en minerais critiques ». Le pays devient ainsi « un État clé dans l’indépendance énergétique, numérique et sécuritaire » américaine une centralité qui redéfinit les équilibres.
Le parapluie dissuasif des intérêts américains
La Commission évoque un effet sécuritaire latent : « les groupes armés […] éviteraient d’attaquer des zones où se trouvent des intérêts économiques américains ». L’exemple de Walikale illustre cette logique où la présence économique agit comme un bouclier indirect face aux violences.
La promesse tentaculaire d’un Congo transformé
Qualifié d’« accord intégrateur et intégré », le partenariat embrasse sécurité, infrastructures, mines et éducation. Il prévoit notamment « un transfert de technologies » et des projets structurants susceptibles de « contribuer au développement économique du pays », à condition d’une mise en œuvre effective.
Les réformes et l’ombre d’un déséquilibre
La CENCO souligne que l’accord « met en exergue […] des réformes importantes » : gouvernance minière, lutte contre la corruption, transparence fiscale. Mais elle alerte : « les rapports de force risquent de ne pas être équilibrés », rendant « difficile pour la RDC de prendre des décisions […] sans l’implication des États-Unis ».
Entre levier de modernisation et risque de dépendance, l’accord impose vigilance. « La souveraineté ne se négocie pas, elle se protège dans chaque décision », avertit une voix critique.
Et dans l’écho des mots d’Aimé Césaire : « Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. » Reste à savoir si ce pacte sera promesse tenue… ou puissance consentie.
Didier BOFATSHI