RDC : Tshisekedi accélère la révolution verte la forêt congolaise érigée en levier stratégique national

Virage vert accéléré

La République démocratique du Congo engage un tournant décisif dans la gouvernance de ses ressources naturelles. Réuni en Conseil des ministres le vendredi 22 mai 2026, le président Félix Tshisekedi a ordonné l’accélération de la finalisation et de l’adoption de la politique forestière nationale, selon le compte rendu du ministre Augustin Kibasa. Objectif affiché : transformer le capital forestier du pays en instrument de souveraineté économique et climatique, dans un contexte où la RDC détient l’un des plus grands puits de carbone au monde.

Forêt stratégique, État sous pression

Dans son instruction, le chef de l’État insiste sur l’alignement du futur cadre politique avec les engagements climatiques internationaux. « Le président de la République a instruit le gouvernement d’accélérer la finalisation », a indiqué Augustin Kibasa, soulignant l’urgence de structurer un secteur longtemps fragmenté. La ministre de l’Environnement dispose désormais de 30 jours pour présenter une feuille de route interministérielle, étape clé vers l’opérationnalisation du dispositif.

Kivu-Kinshasa, axe vert du pouvoir

Au cœur de la réforme figure le projet stratégique du Couloir vert Kivu-Kinshasa, symbole d’une nouvelle vision territoriale. Il s’accompagne de mesures visant les concessions forestières communautaires, le consentement préalable des populations et le renforcement des mécanismes de surveillance environnementale. Une architecture qui repositionne la forêt non plus comme simple ressource, mais comme actif économique, social et géopolitique.

Entre climat et souveraineté

Pour Kinshasa, l’enjeu dépasse la seule dimension écologique. « La question forestière est désormais liée à des enjeux économiques et stratégiques majeurs », a rappelé Augustin Kibasa, citant notamment la sécurité alimentaire et l’attractivité des investissements. Une vision qui inscrit la forêt congolaise dans une logique de puissance verte, où l’environnement devient un levier de projection nationale.

Réformes en cascade

La politique forestière nationale, déjà adoptée début avril par les acteurs de la gouvernance environnementale, s’accompagne d’une révision du code forestier de 2002. Un projet consolidé a été validé le 15 mai à Kisantu, avant une série de consultations nationales et son passage devant les institutions compétentes. Le processus est désormais en phase d’accélération institutionnelle, entre arbitrages techniques et validation politique.

Une forêt sous haute tension mondiale

La RDC, poumon écologique de l’Afrique, se retrouve au centre des équilibres climatiques mondiaux. La pression internationale sur la gestion durable des forêts s’intensifie, tandis que les enjeux internes développement, exploitation, droits des communautés exigent un arbitrage délicat. Comme le rappelait Wangari Maathai, « la destruction de l’environnement est inséparable de la violation des droits humains ». Une équation que la politique forestière congolaise tente désormais de résoudre.

La forêt comme pouvoir

En accélérant la réforme forestière, Kinshasa ne se contente pas de gérer un secteur : il redéfinit un pilier de souveraineté nationale. « Qui contrôle la forêt contrôle le futur », pourrait-on dire dans cette nouvelle lecture stratégique. Et comme l’écrivait Victor Hugo, « la nature est un temple où de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles » en RDC, ces paroles deviennent aujourd’hui politiques, économiques et géostratégiques.

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *