La déclaration d’Azarias Ruberwa ravive le débat sur les acteurs qui ont façonné l’ordre politique issu de la transition.

Azarias Ruberwa relance le débat sur Sun City et la Constitution de 2006. L’ancien vice-président affirme que l’UDPS a participé aux travaux ayant préparé le nouvel ordre politique congolais. Les archives internationales confirment le rôle central du Dialogue intercongolais.

Le rappel des faits

Invité jeudi par Stanis Bujakera Tshiamala, Ruberwa est revenu sur le rôle du RCD et de l’UDPS dans le processus de Sun City. Selon lui, la réconciliation exigeait le RCD et la légitimité populaire de l’UDPS.

Le Dialogue intercongolais s’est conclu à Sun City le 2 avril 2003. Les participants ont approuvé l’Accord global, la Constitution de transition et un mémorandum sur l’armée. L’ONU considère cet ensemble comme une étape majeure vers la paix et la souveraineté congolaises.

De Sun City à la Constitution

La Constitution adoptée par référendum en décembre 2005 et promulguée le 18 février 2006 constitue l’aboutissement d’un processus institutionnel plus large. Le texte officiel rappelle que les guerres de 1996 à 2003 avaient fragilisé les institutions.

Ruberwa soutient que l’UDPS est « co-auteur » des travaux préparatoires. Cette affirmation relève de sa lecture politique. Les documents établissent surtout la pluralité des acteurs.

La mémoire politique en question

L’angle essentiel est celui de la mémoire institutionnelle. Quand les acteurs relisent le passé selon les rapports de force présents, l’histoire devient un enjeu politique.

Hannah Arendt écrivait que « le pouvoir correspond à l’aptitude de l’homme à agir de concert ». Sun City l’illustre : la paix institutionnelle repose sur des compromis politiques.

Vers quelle cohérence ?

Le débat dépasse Ruberwa et l’UDPS. Il interroge la responsabilité dans la construction de l’État. Comment préserver la vérité historique lorsque les compromis du passé deviennent des enjeux du pouvoir présent ?

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Didier Bofatshi

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