À Kinshasa, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka active un dispositif d’urgence pour contenir la pression sur les ménages. Face aux secousses venues du Moyen-Orient et à leur impact sur les prix pétroliers, le gouvernement opte pour des mesures dérogatoires ciblées : suspension temporaire de certains mécanismes de tarification, allègement fiscal et facilitation des importations.
Choc anticipé, riposte calibrée
La suspension du plafonnement du différentiel de transport pour 45 jours agit comme un amortisseur. Elle vise à éviter une flambée brutale des prix à la pompe. Cette approche traduit une gestion proactive des crises. Comme le soulignait John Maynard Keynes, « à long terme, nous sommes tous morts » d’où l’urgence d’agir à court terme pour stabiliser l’économie.
Frontières allégées, flux libérés
Réduction des taxes, suspension de certaines redevances : l’État desserre l’étau fiscal pour fluidifier l’entrée des produits pétroliers. L’objectif est clair : maintenir l’approvisionnement et contenir les tensions sur le marché intérieur. Ici, la fiscalité devient un levier d’urgence plutôt qu’un instrument de rendement.
Pompe sous contrôle, ménages sous pression
En encadrant les mécanismes de prix, le gouvernement cherche à limiter l’impact direct sur les consommateurs. Mais cette protection reste fragile, dépendante des fluctuations internationales. Comme l’écrivait Joseph Stiglitz, « les marchés ne sont pas toujours stables par eux-mêmes » d’où l’intervention publique.
État vigilant, équilibre précaire
Le message politique est celui de la réactivité. Félix Tshisekedi insiste sur une approche « anticipative et coordonnée ». Mais l’équation reste délicate : protéger le pouvoir d’achat sans déséquilibrer les finances publiques.
Dans un contexte de dépendance énergétique, chaque décision devient un exercice d’équilibre entre urgence sociale et contrainte économique. « Gouverner, c’est prévoir », rappelait Émile de Girardin. Mais prévoir ne suffit pas toujours : encore faut-il absorber les chocs sans déplacer la charge vers demain.
Didier BOFATSHI / VF7, voltefaceinfos7.com
