La RDC se trouve au cœur d’un nouveau jeu de puissance. À Washington, Kinshasa et Kigali ont signé des accords de paix en décembre 2025. Cette étape relie sécurité, économie et minerais stratégiques. Elle ouvre une chance, mais révèle aussi un risque : rester fournisseur quand d’autres contrôlent la valeur.

RDC : la paix change de terrain

Félix Tshisekedi a promis une mise en œuvre « avec sérieux » et « rigueur ». Cette déclaration engage Kinshasa sur la paix, l’intégrité territoriale et la sécurité.

Raymond Aron parlait d’une « paix impossible » et d’une guerre « provisoirement improbable ». Le conflit peut reculer, sans faire disparaître la compétition. Celle-ci peut passer des armes aux contrats.

RDC : le vrai combat reste économique

La Chine garde une place forte dans les chaînes minières mondiales. Les États-Unis cherchent aussi à sécuriser leurs minerais critiques. La RDC peut jouer de cette concurrence. Mais elle doit obtenir davantage qu’un accès aux marchés.

Le défi consiste à transformer le cobalt et le cuivre sur place. Il faut développer l’énergie, les routes, les emplois et la technologie. Sinon, la rente minière restera une richesse sans puissance durable.

Une souveraineté à construire

La paix avec le Rwanda peut réduire les tensions. Pourtant, elle ne suffira pas sans institutions solides. La souveraineté dépendra de la capacité congolaise à contrôler ses ressources.

La question devient simple : la RDC saura-t-elle utiliser Pékin et Washington sans devenir leur terrain de rivalité ? Aron rappelait que la politique internationale reste une « lutte pour la puissance ». Le défi congolais est de convertir cette puissance en décision nationale.

Didier BOFATSHI

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