La RDC veut tirer plus de revenus de son cuivre et de son cobalt. Kinshasa limite donc l’exportation des minerais peu transformés. Le but est simple : produire davantage sur place. Mais un grand défi reste posé. Le pays manque encore d’électricité pour soutenir cette ambition.

Kinshasa veut changer le modèle

La RDC possède d’immenses réserves de cuivre et de cobalt.

Ces minerais sont très demandés. Ils servent notamment aux batteries, aux réseaux électriques et aux technologies modernes.

Mais une grande partie de leur valeur est créée après leur extraction.

Le gouvernement veut changer cette situation.

Il cherche à développer la transformation locale. Il veut aussi créer plus d’emplois. Il espère attirer de nouveaux investissements.

Cette politique vise donc un objectif précis : garder une plus grande part de la richesse minière dans le pays.

Le défi de l’électricité

Cette ambition se heurte toutefois à une réalité.

La transformation du cuivre demande beaucoup d’énergie.

Les usines ont besoin d’une alimentation stable. Les mines aussi.

Or, la RDC connaît encore un important déficit d’électricité.

Le problème est donc central.

Interdire l’exportation des minerais bruts ne suffit pas. Il faut pouvoir les transformer.

Sans énergie fiable, les entreprises peuvent avoir du mal à investir. Certaines pourraient aussi chercher d’autres solutions.

La réussite de la réforme dépendra donc en partie du secteur énergétique.

Une question de pouvoir économique

La mesure a aussi une portée stratégique.

Le cuivre est devenu essentiel pour la transition énergétique mondiale. Les pays industrialisés cherchent à sécuriser leurs approvisionnements.

La RDC dispose donc d’un atout majeur.

Mais posséder une richesse ne signifie pas toujours la maîtriser.

L’économiste Nicholas Georgescu-Roegen rappelait que l’économie reste liée aux limites physiques du monde.

Pour la RDC, cette idée prend un sens concret.

Le pays doit passer de l’extraction à la production.

C’est là que se trouve le vrai défi.

Le pari commence maintenant

La décision de Kinshasa peut renforcer la souveraineté économique du pays.

Mais son résultat dépendra des actes.

Il faudra produire plus d’électricité. Il faudra améliorer les infrastructures. Il faudra aussi rassurer les investisseurs.

Le contrôle du cuivre peut donner à la RDC un poids plus important dans les échanges mondiaux.

Mais la vraie souveraineté ne consiste pas seulement à garder le minerai.

Elle consiste aussi à savoir le transformer.

La RDC peut-elle donc faire de son cuivre un moteur durable d’emplois, d’industrie et de richesse nationale ?

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Didier Bofatshi

Africanews

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