La rencontre du 5 octobre entre les facilitateurs africains et la direction de l’AFC/M23 intervient à quelques semaines d’une conférence destinée à revoir l’application des engagements sécuritaires entre Kinshasa et Kigali.
Processus de paix RDC-Rwanda, Union africaine et AFC/M23 : trois dimensions désormais réunies à Goma autour d’un même enjeu, celui de la traduction des engagements diplomatiques en mécanismes opérationnels. Ce lundi 5 octobre 2026, Uhuru Kenyatta, Mokgweetsi Masisi et Sahle-Work Zewde ont rencontré la direction de l’AFC/M23 pour des consultations consacrées au processus de paix et à la situation sécuritaire dans l’Est congolais. Cette séquence intervient alors que Kinshasa et Kigali ont prévu, en octobre, une conférence de planification trilatérale destinée à réviser leur ordre d’opérations sécuritaire.
Goma, un dialogue avec l’AFC/M23
La délégation de l’Union africaine comprend trois anciens chefs d’État : Uhuru Kenyatta, ancien président du Kenya, Mokgweetsi Masisi, ancien président du Botswana, et Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de l’Éthiopie. À Goma, ils ont été reçus par le coordonnateur politique de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, accompagné notamment de Bertrand Bisimwa et Freddy Kaniki.
L’objectif officiellement rapporté est de poursuivre les consultations sur le processus de paix. Les informations disponibles ne permettent toutefois pas d’affirmer qu’un accord nouveau ou une décision opérationnelle a été conclu à l’issue de cette rencontre.
L’enjeu : passer du texte au mécanisme
La séquence prend une importance particulière parce que Kinshasa et Kigali ont convenu, lors de leur réunion des 12 et 13 août à Genève, de tenir en octobre une conférence de planification trilatérale. Celle-ci doit aboutir à un ordre d’opérations révisé destiné à encadrer leurs efforts coordonnés.
Les discussions portent notamment sur la neutralisation des FDLR, le désengagement des forces et la levée des mesures dites défensives du Rwanda. Le mécanisme prévoit également un renforcement du suivi et de la vérification de la mise en œuvre des engagements.
Ce que l’on sait
La rencontre de Goma confirme l’existence d’un canal de consultation entre le Panel des facilitateurs de l’UA et l’AFC/M23. En revanche, les informations publiques disponibles ne suffisent pas à établir que cette réunion constitue une négociation directe sur le contenu de l’ordre d’opérations.
Pourquoi cette rencontre compte
Le point central est donc moins la portée symbolique de la visite que sa place dans l’architecture diplomatique en construction. Le processus RDC-Rwanda repose désormais sur plusieurs mécanismes de suivi, de vérification et de coordination. La difficulté sera de déterminer comment ces dispositifs peuvent produire des engagements vérifiables sur le terrain.
Ce que les données ne disent pas : la rencontre de Goma ne permet, à elle seule, ni de conclure à une avancée décisive du processus de paix, ni de mesurer l’adhésion de l’AFC/M23 aux engagements négociés entre Kinshasa et Kigali.
À retenir : l’UA maintient le dialogue avec l’AFC/M23 ; la conférence d’octobre doit préciser le cadre opérationnel des engagements RDC-Rwanda ; la question déterminante reste celle du suivi et de la vérification de leur mise en œuvre.
Okapi / VFI7

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