À New York, la RDC et le Rwanda ont exposé deux lectures opposées de la mise en œuvre de l’accord de paix signé à Washington le 27 juin 2025. Kinshasa affirme avoir engagé le désarmement, le cantonnement et le rapatriement des combattants FDLR vers le Rwanda, tandis que Kigali estime que ces arrangements ne remplacent pas l’obligation de neutralisation prévue par l’accord. Au-delà des accusations réciproques, les échanges révèlent surtout une difficulté centrale : qui vérifie que chaque partie respecte effectivement ses engagements ?
Ce qui s’est passé à l’ONU
Lors de la réunion du Conseil de sécurité du 29 septembre 2026, l’ambassadeur congolais Zénon Mukongo Ngay a défendu le processus engagé par Kinshasa. Il a rappelé la signature, le 30 mai 2026, d’un protocole de désarmement, démobilisation et cantonnement des FDLR-FOCA, ainsi que l’adhésion de plusieurs groupes à un processus de dépôt volontaire des armes.
De son côté, le représentant rwandais a contesté cette approche, estimant que ces arrangements bilatéraux avec des responsables FDLR ne constituent pas la « neutralisation » prévue par le cadre de Washington.
Une accusation qui doit rester attribuée
Kinshasa accuse Kigali de « planter des obstacles » au rapatriement des FDLR et affirme que certains ex-combattants rapatriés au Rwanda auraient ensuite été réentraînés avant de revenir en RDC.
Cette dernière affirmation n’est toutefois pas une simple invention politique : un rapport du Groupe d’experts de l’ONU de 2024 a documenté le retour en RDC d’anciens combattants FDLR-FOCA après leur démobilisation au Rwanda, certains ayant été entraînés puis employés dans des opérations aux côtés des forces rwandaises. Cela ne permet cependant pas d’établir que Kigali cherche aujourd’hui à empêcher systématiquement le rapatriement des FDLR.
Le véritable point de blocage : la vérification
L’ONU confirme qu’un processus de désarmement volontaire est en cours et que MONUSCO a facilité le rapatriement de 122 anciens éléments FDLR et de leurs dépendants vers le Rwanda depuis septembre.
Mais Kigali demande que la neutralisation soit « effective, complète et vérifiable », tandis que Kinshasa réclame davantage d’implication de MONUSCO dans le contrôle du processus.
Le conflit diplomatique porte donc moins sur l’existence du problème FDLR que sur la définition de la neutralisation et la preuve de son accomplissement. Tant que les mécanismes de vérification ne permettent pas aux deux parties de constater les mêmes faits, chaque mesure peut être présentée comme une avancée par Kinshasa ou comme un contournement de l’accord par Kigali.
Ce que les données ne permettent pas d’affirmer
Les éléments disponibles établissent l’existence d’un processus de désarmement et de rapatriement. Ils ne permettent pas, à eux seuls, de démontrer que le Rwanda « veut éliminer » les FDLR, ni que Kinshasa a définitivement cessé toute coopération avec ce groupe.
Washington a créé des obligations réciproques. Leur crédibilité dépend désormais moins des déclarations politiques que de mécanismes indépendants permettant de vérifier, sur le terrain, qui désarme, qui se retire et qui respecte ses engagements.

Jésus-Christ t’aime

