RDC-Rwanda : Le silence de Kagame face à HRW embrase la guerre des récits dans l’Est congolais

Le mutisme des collines

À Kigali, le silence a résonné comme un coup de tonnerre diplomatique. Selon l’information consultée sur actualite.cd par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, Human Rights Watch affirme n’avoir reçu aucune réponse du président Paul Kagame après une demande de rencontre formulée en avril pour évoquer les exactions attribuées à l’armée rwandaise et à l’AFC/M23 dans l’Est de la République démocratique du Congo.

En toile de fond : Uvira, ville meurtrie du Sud-Kivu, théâtre d’accusations de crimes de guerre, de violences sexuelles et d’enlèvements documentés dans un récent rapport publié le 14 mai. HRW réclame justice. Kigali se tait. Le M23 contre-attaque médiatiquement.

La guerre derrière les mots

« L’impunité engendre davantage d’abus », a martelé Philippe Bolopion, directeur exécutif de HRW, lors de son séjour à Kinshasa du 17 au 21 mai. Derrière cette phrase, une bataille invisible se dessine : celle du contrôle du récit.

Le M23 accuse l’ONG de reprendre « la propagande de Kinshasa ». Kigali, lui, évite l’affrontement direct. Une posture stratégique. Car dans les Grands Lacs, les silences parlent autant que les armes.

L’ombre froide de la souveraineté

Le philosophe Michel Foucault écrivait : « Le pouvoir produit du savoir. » Ici, chaque camp tente d’imposer sa vérité. Le Rwanda invoque la sécurité régionale face aux FDLR ; Kinshasa dénonce une violation de sa souveraineté.

Cette séquence révèle surtout les limites du système international : les ONG enquêtent, documentent, alertent, mais restent suspendues à la volonté des États.

Le vacarme du silence

Dans cette crise, le silence de Kigali devient un langage diplomatique. Il protège, esquive, verrouille. Mais il nourrit aussi les soupçons.

Comme l’écrivait Hannah Arendt : « Lorsque tout le monde vous ment constamment, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges, mais que plus personne ne croit plus rien. » Et dans l’Est du Congo, pendant que les récits s’entre-déchirent, les civils continuent d’enterrer leurs vérités dans le vacarme des armes et le silence des puissants.

Didier BOFATSHI

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