
Addis-Abeba, le pari du retour
À Addis-Abeba, ce 22 juin 2026, la RDC, le Rwanda et le HCR ont franchi une nouvelle étape dans la gestion de l’une des plus profondes blessures de la région des Grands Lacs : l’exil forcé. Réunis dans le cadre de la tripartite sur le rapatriement volontaire des réfugiés, les trois partenaires ont adopté une feuille de route 2026-2027 destinée à encadrer le retour et la réintégration des populations déplacées.
« Les Parties ont adopté la Feuille de route 2026-2027 (…) qui définit les étapes opérationnelles clés, les responsabilités et le calendrier de mise en œuvre », indique le communiqué conjoint.
Le long fleuve des promesses
Derrière les signatures, une réalité demeure : des milliers de vies restent suspendues à l’effectivité des engagements pris. La réunion intervient dans le prolongement des accords de paix conclus entre Kinshasa et Kigali ainsi que des discussions menées dans le cadre du processus de Doha.
En droit international humanitaire, le retour d’un réfugié ne peut être ni imposé ni précipité. Il doit être volontaire, sûr et digne. C’est tout l’enjeu de cette feuille de route qui ambitionne de transformer les promesses diplomatiques en garanties concrètes.
Comme le rappelait Kofi Annan : « La sécurité ne se mesure pas seulement à l’absence de guerre, mais à la présence de la justice. »
Quand les réfugiés deviennent le baromètre de la paix
Les parties ont également salué le rôle de l’Union africaine et des Nations Unies dans la promotion de la paix et du dialogue régional. Pourtant, sur le terrain, les résultats tardent encore à se matérialiser.
Car le véritable test commence maintenant. Le sort des réfugiés est devenu le miroir de la crédibilité des processus de paix. Chaque retour réussi renforce la confiance ; chaque retard nourrit les doutes.
L’épreuve de vérité
« La réunion s’est tenue dans le contexte plus large des efforts déployés en vue de parvenir à des solutions durables pour les réfugiés », souligne le communiqué.
L’avenir de cette initiative se jouera moins dans les salles de conférence que dans les villages où les déplacés espèrent retrouver leurs racines. Comme l’écrivait Hannah Arendt, « la privation fondamentale des droits de l’homme se manifeste d’abord par la perte d’une place dans le monde ».
La paix, dans les Grands Lacs, ne sera pleinement visible que lorsque le chemin du retour cessera d’être un horizon et deviendra une réalité.
Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime
