À l’occasion du bilan de la première année d’action du gouvernement Suminwa II, le ministre délégué Crispin Mbadu Phanzu a présenté les réformes engagées en faveur de la diaspora congolaise. Identification, protection, représentation et investissements figurent au cœur de cette stratégie.

Un Haut Conseil pour structurer la diaspora

Le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, chargé de la Francophonie et de la Diaspora, Crispin Mbadu Phanzu, a présenté le bilan de la première année d’action du gouvernement Suminwa II dans ses secteurs de compétence.

Parmi les réformes annoncées figure la création d’un Haut Conseil de la diaspora. Cette structure devrait fédérer les associations de Congolais établis à l’étranger et renforcer leur représentativité auprès des institutions.

« Le ministère travaille à identifier et structurer les Congolais de l’étranger. Un Haut Conseil de la diaspora est proposé afin de fédérer les différentes associations », a déclaré Crispin Mbadu.

Le gouvernement prévoit également la carte OKAPI, destinée aux Congolais d’origine ayant perdu la nationalité congolaise après l’acquisition d’une autre nationalité. Elle doit compléter la carte consulaire destinée aux Congolais ayant conservé leur nationalité.

« Tout Congolais d’origine est admissible. Ceux qui ont conservé la nationalité congolaise disposent de la carte consulaire, tandis que les Congolais d’origine ayant changé de nationalité peuvent bénéficier de la carte OKAPI », a expliqué Crispin Mbadu.

L’identification numérique au cœur du dispositif

Le ministère développe parallèlement un système d’identification numérique de la diaspora. L’objectif est de disposer de données plus précises sur les communautés congolaises établies à l’étranger.

Cette base doit notamment contribuer à renforcer leur protection et à améliorer leur prise en compte dans les politiques publiques. Elle intervient alors que le gouvernement cherche à mieux organiser les relations entre l’État et ses ressortissants vivant hors du pays.

Sur le plan économique, Crispin Mbadu a mis en avant les transferts de fonds de la diaspora. Selon les statistiques de la Banque mondiale citées par le ministre, les transferts officiellement enregistrés vers la RDC sont estimés entre 3,5 et 4,5 milliards de dollars américains par an.

Le sens caché : faire de la diaspora un acteur économique organisé

La succession de ces mesures révèle une orientation précise : passer d’une diaspora principalement considérée comme une communauté à protéger à une force organisée susceptible de contribuer au développement national.

La représentation institutionnelle, l’identification numérique et la mobilisation des investissements poursuivent ainsi une même logique. Encore faut-il que ces dispositifs annoncés produisent des résultats concrets et facilitent réellement l’accès de la diaspora aux opportunités économiques en RDC.

Le gouvernement entend notamment mobiliser davantage les entrepreneurs congolais de l’étranger et favoriser les partenariats avec les acteurs économiques établis au pays.

Protection et Francophonie : deux autres axes

La protection des Congolais en difficulté à l’étranger constitue également un volet du bilan. Le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a évoqué la situation des Congolais touchés par les violences en Afrique du Sud.

Selon lui, cette question a été portée au niveau de la SADC et des opérations de rapatriement volontaire sont en cours.

« Un premier rapatriement a concerné 244 personnes. D’autres opérations sont en préparation, sur une base volontaire », a-t-il affirmé.

Sur le volet de la Francophonie, Crispin Mbadu a rappelé la candidature de la RDC au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie.

« La RDC est le premier pays francophone en nombre de locuteurs. Elle doit donc occuper une place correspondant à son poids démographique, culturel et linguistique », a soutenu le ministre.

Une mission économique de la Francophonie est par ailleurs annoncée en RDC en juin 2027. Elle devrait permettre aux entrepreneurs congolais de présenter les opportunités d’investissement, de partenariat et d’accès aux marchés de l’espace francophone.

Le bilan présenté ouvre désormais une question centrale : ces réformes permettront-elles de transformer durablement la diaspora congolaise en partenaire institutionnel et économique du développement national ?

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7sur7.cd / VFI

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