Cri d’alarme national

Kinshasa, dimanche 26 avril 2026. Dans un message politique dense et alarmiste, le président du parti Envol, Delly Sesanga, s’oppose frontalement au projet d’accueil en République démocratique du Congo de plus de 1 100 migrants afghans en provenance des États-Unis. Il dénonce une décision prise sans transparence, susceptible selon lui de compromettre la sécurité nationale et l’indépendance du pays. Ce message, adressé à l’opinion publique et aux autorités, a été consulté par la rédaction de Voltefaceinfos7.com.
Une Nation “à l’arrêt” face à un choix contesté
Le ton est grave, presque solennel. Delly Sesanga appelle à une pause collective, à une introspection nationale : « où allons-nous ? » Dans son message, il accuse le pouvoir de transformer la RDC en réceptacle de politiques migratoires étrangères, dénonçant une orientation qu’il juge contraire à l’intérêt national. « Gouverner, c’est prévoir », écrivait Émile de Girardin. Ici, l’opposant suggère au contraire une décision précipitée, sans vision à long terme.
Sécurité nationale et peur du précédent
Au cœur de son argumentaire : le risque sécuritaire.
Il met en doute la capacité des institutions congolaises à gérer des profils que les États-Unis eux-mêmes refuseraient d’accueillir.
Son propos s’appuie sur un contexte interne déjà fragile : conflits armés à l’Est, criminalité urbaine, déplacements massifs de populations.
« La sécurité est la première des libertés », rappelait Thomas Hobbes. Une liberté que l’opposant estime aujourd’hui menacée.
Une souveraineté jugée en péril
Le message prend une tournure plus politique lorsqu’il évoque une “aliénation” de l’indépendance nationale.
Delly Sesanga interroge directement le pouvoir sur sa capacité à résister aux pressions internationales. Il critique une décision qui engagerait durablement le pays sans débat public clair ni explication transparente. « La souveraineté réside dans la volonté générale », écrivait Jean-Jacques Rousseau. Une volonté que l’opposant appelle à réactiver.
Entre solidarité internationale et réalité congolaise
Le gouvernement présente l’accord comme temporaire et encadré. Mais pour l’opposition, la solidarité internationale ne peut se faire au détriment des priorités internes. Delly Sesanga insiste sur les urgences nationales : guerre à l’Est, insécurité, fragilité institutionnelle. « La politique commence par le réel », écrivait Hannah Arendt. Et ce réel, selon lui, ne permet pas ce type d’engagement.
Un appel à la mobilisation citoyenne
Le message se conclut par un appel direct au peuple congolais. Il invite à une prise de conscience collective face à ce qu’il qualifie de “péril” pour l’avenir de la Nation. Une rhétorique qui dépasse le cadre partisan pour s’inscrire dans une logique de mobilisation nationale. « Une nation est un plébiscite de tous les jours », écrivait Ernest Renan.
Une polémique au cœur de l’État
Au-delà du fond migratoire, cette prise de position révèle une crise de confiance entre pouvoir et opposition, entre décision publique et perception citoyenne. « Le pouvoir doit rendre des comptes ou perdre sa légitimité », écrivait Montesquieu. Dans cette affaire, l’enjeu dépasse l’accueil de migrants : il touche à la définition même de la souveraineté et à la capacité d’un État à décider en toute transparence.
Didier BOFATSHI