Paix sous surveillance

Beni-Bunia-Goma, 26 avril 2026. À l’issue de sa première tournée dans l’Est de la RDC, le chef de la MONUSCO, James Swan, a réaffirmé l’engagement des Nations unies pour l’application des résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité des Nations unies. Dans un contexte sécuritaire toujours fragile, il appelle au respect strict du cessez-le-feu et à une accélération des mécanismes de stabilisation.
Une mission au cœur des lignes de fracture
De Beni à Bunia, jusqu’à Goma, James Swan a pris le pouls d’un territoire sous tension permanente.
Conflits armés, déplacements massifs, insécurité persistante : l’Est congolais reste un épicentre de crises imbriquées. Cette tournée de terrain visait à écouter, évaluer et ajuster. « Voir, c’est comprendre », écrivait Paul Valéry. Et comprendre, ici, implique de naviguer entre urgences humanitaires et impératifs sécuritaires.
Résolutions 2773 et 2808 : la ligne rouge internationale
Au cœur du discours : deux textes clés adoptés en 2025 par le Conseil de sécurité des Nations unies. La résolution 2773 exige le retrait du M23 et condamne les soutiens extérieurs. La 2808 prolonge le mandat de la MONUSCO jusqu’en décembre 2026. James Swan insiste : ces résolutions réaffirment la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC. « Le droit international est la grammaire des relations entre États », rappelait Hans Kelsen.
Cessez-le-feu : entre promesse et fragilité
À Goma, les discussions ont porté sur l’opérationnalisation du cessez-le-feu et les mécanismes de vérification.
Le Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE+) et le Joint Intelligence Fusion Center (JIFC) sont appelés à jouer un rôle central. Mais sur le terrain, la réalité reste incertaine. « Les accords de paix sont souvent plus faciles à signer qu’à appliquer », écrivait Kofi Annan.
Protection des civils : priorité stratégique
La MONUSCO entend recentrer ses priorités opérationnelles : protection des civils, soutien au cessez-le-feu, appui aux initiatives régionales (Doha, Washington, Union africaine). James Swan évoque une approche coordonnée, impliquant acteurs internationaux et autorités congolaises. « La paix n’est pas l’absence de guerre, mais la présence de justice », écrivait Martin Luther King Jr..
Entre diplomatie et réalité du terrain
L’appel de l’ONU reste clair : toutes les parties doivent respecter leurs engagements. Mais la multiplicité des acteurs armés et des intérêts régionaux complexifie toute désescalade durable. La mission de James Swan marque une étape, non un aboutissement. Une tentative de réarticuler la diplomatie autour d’une réalité mouvante.
Une paix encore à construire
Résolutions adoptées, mécanismes activés, engagements réaffirmés. Pourtant, l’Est de la RDC demeure suspendu entre espoir diplomatique et instabilité chronique. « La paix est un processus, pas un événement », écrivait John Paul Lederach. Dans les collines du Nord-Kivu et de l’Ituri, ce processus reste fragile — et profondément inachevé.