RDC : “Kombo moko” appelle la jeunesse à rompre avec la haine et à reconstruire les consciences

Kinshasa appelle à une rupture des consciences face aux discours de haine

À Kinshasa, le 26 avril 2026, lors du lancement du mouvement citoyen « Kombo moko », l’initiatrice Marie-Josée Ifoku a exhorté la jeunesse de la République démocratique du Congo (RDC) à rejeter les discours de haine, l’incivisme et les pratiques de division. Porté par une vision de transformation individuelle et collective, ce mouvement propose une refondation morale de la société à travers la responsabilité personnelle, la cohésion nationale et l’engagement citoyen. L’initiative entend essaimer sur l’ensemble du territoire à travers conférences et cellules de réflexion.

Le cri d’un réveil moral

À Kinshasa, la parole se veut fondatrice. Face à une jeunesse exposée aux tensions sociales, politiques et identitaires, Marie-Josée Ifoku appelle à une rupture intérieure avant toute réforme extérieure. « Le nettoyage commence par soi-même », affirme-t-elle, posant les bases d’une transformation qui se veut d’abord intime avant d’être institutionnelle.

Sortir des logiques de fracture

Le mouvement « Kombo moko » littéralement « un seul balai » inscrit son action dans une dynamique de purification symbolique des comportements sociaux. L’objectif affiché est clair : combattre l’incivisme, la corruption et le tribalisme non pas uniquement par les lois, mais par une réforme des attitudes individuelles. « Chaque jeune doit d’abord nettoyer ses propres comportements avant d’exiger un pays propre », insiste l’initiatrice, renversant la logique classique de la responsabilité politique.

Une jeunesse au cœur de la reconstruction

Dans ce discours, la jeunesse congolaise n’est plus spectatrice mais actrice centrale de la transformation nationale. Elle est appelée à devenir force de proposition, et non instrument de manipulation politique. Cette approche s’inscrit dans une vision où le changement ne descend pas uniquement des institutions, mais remonte des consciences individuelles vers le collectif.

Une architecture en quatre piliers

Le mouvement structure son action autour de quatre axes : le nettoyage personnel, le nettoyage de l’environnement immédiat, l’engagement citoyen et l’unité dans la diversité.
Une méthodologie qui mêle éthique individuelle et ambition nationale, avec une forte dimension pédagogique et communautaire. Des conférences et cellules de réflexion sont prévues sur l’ensemble du territoire congolais, financées par des contributions citoyennes, dans une logique de mobilisation locale.

Une reconstruction par les mentalités

Au-delà du discours, l’enjeu est celui des représentations sociales. La transformation du pays est pensée comme indissociable d’un changement profond des mentalités, où le pardon et l’amour deviennent des outils de cohésion. Le philosophe Hannah Arendt rappelait que « la politique commence là où les hommes se reconnaissent comme égaux dans un espace commun ». Dans cette perspective, « Kombo moko » tente de reconstruire cet espace symbolique. 

Une promesse de renaissance

« La renaissance du Congo est une ambition réalisable », affirme le mouvement, dans une projection optimiste mais exigeante. « On ne change pas une société sans changer d’abord les hommes qui la composent », écrivait Frantz Fanon une pensée qui résonne ici comme une matrice intellectuelle implicite. Et dans les rues de Kinshasa, une question persiste, silencieuse mais centrale : le changement commence-t-il par les institutions… ou par le regard que chacun porte sur lui-même ?

Didier BOFATSHI

ACP / VFI7

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