RDC : L’ECC sonne l’alarme sur la Constitution, dernier rempart contre les tempêtes politiques

Le verrou et la nation

Réunie en 66e session extraordinaire le 7 juin 2026 à Kinshasa, l’Église du Christ au Congo (ECC) a lancé un appel solennel à la prudence dans le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle. Dans un contexte politique sensible, l’institution protestante estime que toute initiative de révision doit impérativement s’inscrire dans un cadre national inclusif et apaisé, conformément aux articles 5, 218, 219 et 220 de la Constitution. Derrière cet avertissement se dessine un enjeu majeur : préserver les verrous constitutionnels considérés comme les gardiens de la stabilité démocratique.

Quand la Constitution devient un bouclier

L’ECC ne ferme pas la porte au débat. Elle rappelle cependant que certaines dispositions de la Loi fondamentale constituent des garanties contre les secousses institutionnelles. « Ne construisons pas des murs, mais jetons des ponts », a déclaré son porte-parole, plaidant pour un dialogue démocratique national et inclusif.

Cette prise de position intervient alors que plusieurs partenaires internationaux, notamment à travers les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, encouragent les mécanismes de concertation pour consolider la paix et la cohésion nationale.

La mémoire des braises

Au-delà du texte juridique, l’Église met en garde contre les risques de fracture politique. L’histoire africaine montre que les débats constitutionnels mal maîtrisés peuvent devenir des foyers de tensions. Comme l’écrivait Montesquieu, « tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ». Les limites constitutionnelles existent précisément pour protéger la République des turbulences du moment.

Le souffle des institutions

L’enjeu dépasse les acteurs politiques. Il touche à la confiance citoyenne et à la solidité de l’État. Pour l’ECC, la stabilité ne repose pas sur les hommes mais sur le respect des règles communes.

« Une nation se construit par ses institutions », rappelait Nelson Mandela. À Kinshasa, ce message résonne comme une invitation à privilégier le consensus plutôt que l’affrontement. Car lorsqu’une Constitution devient un simple objet de circonstance, c’est souvent l’avenir qui vacille. Et comme l’enseignait Hans Kelsen, la force d’un État réside avant tout dans le respect de ses normes fondamentales.

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *