Dans le tumulte d’un monde où la connaissance trace les frontières du progrès, la RDC entre en 2026 avec un budget de plus de 59 000 milliards CDF… mais laisse la recherche scientifique au seuil de la porte. Comme une lampe qu’on oublie d’allumer, le savoir demeure dans la pénombre des priorités nationales.
Dans les laboratoires, les chercheurs avancent à tâtons, entre équipements vieillissants et projets suspendus. « Sans investir dans la science, le pays navigue sans boussole », murmure un professeur de l’UNIKIN, témoin du quotidien fragile de la recherche. L’innovation, pourtant moteur du monde moderne, manque d’air et de lumière.
Ailleurs, les nations façonnent leur avenir à coups d’algorithmes, de technologies de défense et d’industries intelligentes. Ici, malgré des richesses naturelles immenses, la matière grise peine à trouver un terrain fertile. Le cobalt, le coltan, les forêts, les sols… tous attendent la main du chercheur qui pourrait les sublimer, mais que l’État ne finance qu’en éclats dispersés.
Cette absence de vision scientifique nourrit le risque : dépendance extérieure, retard technologique, vulnérabilité stratégique. « Le développement naît de la pensée avant de naître du sol », rappelle un expert.
Dans une économie mondiale guidée par la lumière de l’innovation, oublier la recherche, c’est avancer dans l’obscurité en espérant toucher l’avenir du bout des doigts.
Didier BOFATSHI