À Wamba, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, le 26 avril 2026, le cardinal Fridolin Ambongo a lancé un appel solennel à l’unité et à la réconciliation lors de la prise de possession canonique de Mgr Emmanuel Ngona. Devant des fidèles rassemblés au stade Abbé Atoneato, le prélat a exhorté à dépasser les divisions internes ayant marqué le diocèse ces dernières années, dans un contexte régional encore fragilisé par l’insécurité.
Rompre avec les fractures, reconstruire la communion
Face à une Église locale marquée par plusieurs années de crise, le cardinal Fridolin Ambongo a appelé à un sursaut collectif. « Résistez, refusez l’esprit de division, dépassez les blessures passées », a-t-il insisté, invitant les fidèles à se rassembler autour de leur nouvel évêque pour bâtir une Église « unie et crédible ».
Une Église divisée, un message affaibli
Dans une mise en garde directe, le prélat a souligné les conséquences spirituelles et sociales des divisions internes :
« Une Église divisée obscurcit le visage du Christ. Une Église unie le rend visible et crédible aux yeux du monde ».
Un propos qui dépasse le cadre religieux pour toucher à la cohésion sociale dans une région marquée par les tensions.
Un nouveau départ après des années de crise
Revenant sur les trois années de turbulences ayant secoué le diocèse de Wamba, le cardinal a évoqué « une longue période de crise » faite de divisions et d’incompréhensions. Avec l’installation de Mgr Emmanuel Ngona, « s’ouvre désormais une nouvelle page », a-t-il déclaré, appelant à transformer cette transition en opportunité de renouveau.
Paix fragile, espérance maintenue
Dans un contexte d’insécurité persistante dans le territoire de Mambasa, le cardinal a également exprimé sa solidarité avec les populations affectées par les violences. « Notre présence en ce jour est aussi une prière fervente pour que cessent les violences », a-t-il affirmé, rappelant que « la paix est la condition sine qua non pour vivre dans la dignité ». Transmettant le soutien du Pope Leo XIV et de l’Église universelle, il a exhorté les fidèles à garder l’espérance malgré les épreuves.
L’unité comme horizon
Au-delà de la cérémonie, le message est clair : la reconstruction du diocèse passe par une transformation des cœurs.
« Ne restez pas prisonniers du passé. Ouvrez-vous à la nouveauté de l’Évangile », a insisté le cardinal. « L’unité est la force des peuples qui veulent survivre à leurs divisions », écrivait Aimé Césaire une pensée qui résonne avec acuité dans l’Ituri d’aujourd’hui. Et à Wamba, entre mémoire des fractures et espérance renouvelée, une certitude émerge : sans réconciliation, aucune paix durable ne peut s’enraciner.
