RDC : Katumbi provoque un séisme politique en proposant Tshisekedi comme “deuxième sénateur à vie”

Une phrase qui embrase le débat national

Dans un contexte de fortes tensions autour du débat constitutionnel en République démocratique du Congo, l’opposant Moïse Katumbi a lancé une déclaration qui fait déjà grand bruit : « le président Tshisekedi doit devenir le deuxième sénateur à vie ». L’entretien, accordé à la Deutsche Welle (DW), intervient alors que les discussions sur une éventuelle réforme constitutionnelle alimentent les crispations politiques à Kinshasa et au sein de l’opposition.

Selon la DW, Katumbi s’exprimait sur les risques pesant sur la démocratie congolaise, la gouvernance et les relations politiques entre anciens et actuels dirigeants du pays.

La Constitution comme ligne rouge politique

Pour Moïse Katumbi, la Constitution ne peut être traitée comme un texte malléable au gré des ambitions politiques. Il rappelle que le président Félix Tshisekedi a prêté serment sur ce texte fondamental, estimant qu’« la Constitution n’est pas une chemise qu’on peut changer à tout moment ».

Dans son argumentaire, l’opposant insiste sur la nécessité de préserver les règles du jeu démocratique, qu’il considère comme garantes de la stabilité institutionnelle et de la crédibilité internationale de la RDC.

Entre mémoire politique et mise en garde

Katumbi inscrit également son discours dans une lecture historique de la politique congolaise, évoquant les transitions passées et les précédents accords politiques. Il met en garde contre toute modification perçue comme un moyen de conservation du pouvoir, avertissant que cela pourrait fragiliser les engagements du pays sur la scène internationale.

Dans ses propos relayés par la DW, il soutient que toute remise en cause des équilibres constitutionnels pourrait provoquer une perte de confiance des partenaires extérieurs et des investisseurs.

Le spectre du dialogue et de la confrontation

L’opposant réaffirme par ailleurs son attachement à un dialogue inclusif, estimant que les crises politiques congolaises ne peuvent être résolues sans concertation entre adversaires politiques. Il rappelle les précédents historiques de Sun City comme référence de compromis ayant permis une sortie de crise.

Cependant, il prévient également que toute tentative de modification constitutionnelle provoquerait une forte opposition politique et sociale.

Comme le rappelait Alexis de Tocqueville, « les peuples démocratiques ont un amour naturel pour la liberté ». Une liberté qui, dans le cas congolais, semble aujourd’hui étroitement liée à la question de la Constitution et de ses limites.

Une République sous tension institutionnelle

Au-delà de la formule choc sur un éventuel statut de “sénateur à vie”, la sortie de Moïse Katumbi révèle une réalité plus profonde : la bataille autour de la Constitution est devenue le centre de gravité du débat politique congolais.

« Le pouvoir ne se partage pas, il s’équilibre », écrivait Montesquieu. En RDC, cet équilibre reste fragile, disputé entre méfiance politique, mémoire des crises passées et ambitions institutionnelles.

Dans cet affrontement discursif, chaque mot devient un signal politique. Et la phrase de Katumbi, reprise et amplifiée, s’impose déjà comme l’un des marqueurs les plus symboliques d’un débat national loin d’être clos.

Didier BOFATSHI

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