
Silence sur les gradins
La Coupe du monde 2026, prévue entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, s’ouvre sous tension pour la Côte d’Ivoire. Faute de visas délivrés par Washington, le Comité national des supporters des Éléphants (CNSE) annonce l’impossibilité d’envoyer ses fans officiels. Seule la diaspora ivoirienne basée en Amérique du Nord pourra garnir les tribunes lors des matchs à Philadelphie et Toronto. Une situation inédite qui interroge l’accès équitable aux grands événements sportifs mondiaux.
Visas fermés, tribunes vides
Selon les informations consultées sur AFP par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, les autorités américaines ont opposé un refus massif aux demandes de supporters ivoiriens. « Les États-Unis ne veulent pas voir nos supporters sur leur sol », déplore Julien Kouadio Adonis, président du CNSE, joint à Abidjan ce 11 juin 2026. Une décision qui prive la sélection d’un pan essentiel de son identité : sa ferveur populaire.
L’âme du stade en exil
« Le football sans ses supporters est une voix sans écho », écrivait Eduardo Galeano. Pour la Côte d’Ivoire, cette absence résonne comme une amputation symbolique. Les chants, les tambours et les couleurs orange ne traverseront pas l’Atlantique. Seule la diaspora, estimée à plus de 1 000 personnes selon le CNSE, portera l’illusion du “12e homme”.
Frontières du jeu, géopolitique du rêve
Derrière le sport, la diplomatie. Derrière le ballon, les frontières. Les restrictions migratoires américaines redessinent les contours d’un Mondial pourtant conçu comme universel. Le politologue Edgar Morin rappelait que « la mondialisation est un tissu de connexions et de fractures ». Ici, la fracture domine.
Mondial 2026 : fête sélective ou universelle ?
Les matchs ivoiriens face à l’Équateur (Philadelphie, 15 juin), Curaçao (25 juin) et l’Allemagne (Toronto, 20 juin) se joueront sans contingent officiel de supporters. Une première dans l’histoire récente des Éléphants. L’événement interroge : le Mondial est-il encore une fête mondiale ou une scène filtrée ?
Le cri silencieux des gradins
« On ne joue bien qu’avec ceux qui nous aiment », disait Albert Camus. À l’heure où les stades s’illuminent mais se vident de leurs voix africaines, une question persiste, lourde et universelle : à qui appartient encore la fête du football ? Car comme le rappelait George Orwell, « le sport sérieux n’a rien à voir avec le fair-play ».
Didier BOFATSHI

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