RDC : Judith Suminwa sonne l’alarme au gouvernement, pression maximale avant le cap des deux ans de pouvoir

Le compte à rebours du pouvoir

Kinshasa. À quelques semaines du deuxième anniversaire de son investiture, le gouvernement congolais entre dans une zone de turbulence politique et sociale. Mardi 19 mai 2026, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a lancé un avertissement ferme à ses ministres lors du Conseil des ministres : accélérer le rythme des réformes et éviter tout relâchement face aux défis qui secouent la République Démocratique du Congo. La cheffe du gouvernement veut transformer l’échéance du 12 juin prochain en véritable test de performance à mi-parcours du Programme d’actions du gouvernement 2024-2028. « Nous ne pouvons pas nous permettre de relâcher nos efforts », a-t-elle martelé devant les membres de l’exécutif.

La pression des résultats

Dans un climat marqué par les crises sécuritaires, les attentes sociales et les urgences économiques, Judith Suminwa exige une mobilisation totale autour des priorités sectorielles et de l’agenda législatif de 2026. Citant Félix Tshisekedi, elle rappelle que le gouvernement doit être « un gouvernement d’actions et de résultats ».

Derrière ce discours se dessine une bataille plus profonde : celle de la crédibilité de l’État face à une population confrontée à la flambée des difficultés quotidiennes.

Kinshasa étouffe, l’État réagit

La Première ministre a également placé la crise des embouteillages sur la Route nationale numéro 1 au cœur des urgences gouvernementales. Une réunion de crise sera convoquée avec les autorités de Kinshasa, du Kongo Central, la Police, la FEC et plusieurs acteurs du transport afin de désengorger cet axe vital pour l’économie nationale.

Dans la capitale congolaise, les kilomètres de bouchons deviennent désormais le miroir d’une ville débordée par sa propre croissance.

Les routes de la promesse

Au-delà des urgences, Judith Suminwa mise sur les grands chantiers d’infrastructures pour imprimer sa marque politique. Après sa visite du chantier des rocades sud-est et sud-ouest de Kinshasa, elle a salué des avancées « globalement satisfaisantes » sur ce projet comprenant 73 kilomètres de routes, des ponts majeurs et un échangeur stratégique à Mitendi.

L’écrivain Victor Hugo écrivait : « Gouverner, c’est prévoir. » À Kinshasa, gouverner signifie désormais construire vite, convaincre durablement et produire des résultats visibles dans un pays où chaque retard administratif nourrit la défiance populaire.

À l’approche du cap symbolique des deux ans, Judith Suminwa joue plus qu’un bilan : elle joue la capacité du gouvernement à transformer les promesses de réforme en preuves tangibles de changement.

Didier BOFATSHI

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