
L’ombre du virus
Bunia. La peur avance à pas feutrés dans les rues poussiéreuses de l’Ituri. Alors que l’épidémie d’Maladie à virus Ebola ravive les souvenirs des précédentes crises sanitaires en RDC, les autorités sanitaires ont lancé mardi 19 mai 2026 un nouvel appel au calme et à la vigilance. La Division Provinciale de la Santé de l’Ituri recense désormais 513 cas suspects, dont 131 décès suspects encore en attente de confirmation biologique. Trente cas positifs ont déjà été confirmés, tandis que 541 contacts restent sous surveillance médicale étroite.
Bunia au bord du souffle
Face à la montée des inquiétudes, le maire de Bunia, Bosco Mbuikola, a ordonné un renforcement immédiat des mesures barrières. Les autorités déconseillent tout contact avec des personnes suspectées d’être contaminées ainsi que toute manipulation non protégée des effets personnels ou des dépouilles. « Le signalement rapide sauve des vies », rappellent les équipes sanitaires. Les enterrements sécurisés, supervisés par la Croix-Rouge et la Protection civile, deviennent désormais une ligne de défense cruciale contre la propagation silencieuse du virus.
Le fil fragile de l’alerte
Dans cette bataille contre un ennemi invisible, les autorités misent sur la rapidité de l’information. Un numéro vert gratuit le 151 et le 0821419595 a été mis à la disposition de la population afin de signaler tout symptôme suspect ou décès communautaire. L’Organisation mondiale de la santé, Organisation mondiale de la santé, rappelle régulièrement que les premières heures d’alerte déterminent souvent l’ampleur d’une épidémie.
La mémoire des épidémies
Derrière les statistiques, l’Ituri affronte une vieille cicatrice nationale. Chaque résurgence d’Ebola réveille les traumatismes des précédentes flambées qui ont éprouvé les systèmes de santé congolais.
L’écrivain Albert Camus écrivait dans La Peste : « Le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais. » En Ituri, cette phrase résonne aujourd’hui comme un avertissement. Car dans le silence des villages et l’attente des résultats biologiques, la vigilance demeure la seule frontière entre l’alerte sanitaire et le basculement collectif.
