À New York, mercredi 15 avril 2026, au Conseil de sécurité de l’ONU, la Chine, par la voix de Sun Lei, a lancé un avertissement ferme : sans respect immédiat du cessez-le-feu et application rigoureuse de la résolution 2773, l’Est de la RDC risque une escalade incontrôlable. Dans une région riche mais ravagée par les conflits, Pékin appelle au dialogue, à la coopération régionale et à une désescalade urgente face à l’enlisement des processus de paix.
Résolution ignorée, guerre attisée
Au cœur du message chinois : la résolution 2773, pilier juridique désormais fragilisé par son non-respect. Pékin insiste : sans application stricte, les engagements deviennent lettres mortes. Hans Kelsen rappelait : « La paix repose sur la primauté du droit. » Ici, le droit vacille, et avec lui, l’espoir d’un apaisement durable.
Cessez-le-feu fantôme
Sur le terrain, la trêve reste une promesse sans corps. Les combats persistent, les populations fuient. « Il faut instaurer un cessez-le-feu véritable », martèle Pékin. Johan Galtung distinguait : « L’absence de guerre ne suffit pas, il faut une paix positive. » À l’Est, même l’absence de guerre demeure hors de portée.
Richesses maudites, stabilité sacrifiée
Contraste saisissant : abondance des ressources, pauvreté sécuritaire. La Chine souligne ce paradoxe tragique. Paul Collier l’a démontré : « Les ressources naturelles peuvent alimenter les conflits plutôt que le développement. » Dans les Grands Lacs, la richesse devient tension, et la promesse, fracture.
Voisinage sous tension, confiance brisée
Pékin plaide pour dépasser la logique de confrontation et reconstruire la confiance régionale. Dialogue, coopération, sécurité commune : autant de piliers fragilisés. Confucius enseignait : « L’harmonie est la plus précieuse des valeurs. » Mais ici, l’harmonie cède à la suspicion.
En insistant sur le cessez-le-feu et l’application de la résolution 2773, la Chine met en lumière une urgence : celle de transformer les engagements en actes. Entre diplomatie active et terrain en feu, l’écart devient critique. Comme le soulignait Raymond Aron : « La paix est un équilibre toujours menacé. »
Et dans l’Est congolais, une réalité s’impose avec gravité : tant que les résolutions resteront ignorées et les cessez-le-feu violés, la guerre continuera de dicter sa loi, implacable, au détriment des peuples.
Didier BOFATSHI
