RDC–France : 8 milliards d’investissements mais une présence encore timide, Paris veut accélérer sa percée économique à Kinshasa

Kinshasa, 24 avril 2026. Avec 65 entreprises implantées, près de 8 milliards de dollars d’investissements et environ 5 000 emplois directs, la présence économique française en République démocratique du Congo demeure significative mais encore limitée au regard du potentiel du pays. C’est le constat dressé par l’ambassadeur de France en RDC, Rémi Maréchaux, à l’ouverture de la 9ᵉ édition de la Semaine française de Kinshasa (SFK), organisée du 22 au 24 avril sous le thème « RDC–France : perspectives partagées ».

Un partenariat dense, mais sous-dimensionné

Dans les salons économiques de Kinshasa, le constat est clair : la relation économique franco-congolaise existe, mais elle reste en dessous de ses propres ambitions. Rémi Maréchaux souligne un paradoxe structurel : une forte proximité linguistique et historique, mais une présence industrielle encore faible comparée à d’autres pays africains. À titre de comparaison, la Côte d’Ivoire concentre environ 700 entreprises françaises, quand le Kenya en compte près de 140. La RDC, malgré sa taille et ses ressources, reste en retrait.

Kinshasa, vitrine d’un potentiel encore sous-exploité

La Semaine française de Kinshasa se veut un accélérateur de visibilité économique. Organisée par la Chambre de commerce et d’industrie franco-congolaise, elle réunit entreprises, investisseurs et décideurs autour d’un objectif : transformer l’intérêt en implantation réelle. Délégation de 25 entreprises, présence du MEDEF International, rencontres institutionnelles : tout converge vers une intensification des flux économiques. Mais derrière l’effervescence, une réalité persiste : la difficulté d’accès au marché, la perception du risque et la méconnaissance du terrain freinent encore les investissements à grande échelle.

Le discours de la relance économique

Rémi Maréchaux insiste sur une dynamique de transformation. Pour lui, la RDC n’est pas seulement un marché, mais un espace stratégique au cœur des transitions énergétiques et climatiques africaines. Les projets structurants évoqués du couloir vert au barrage d’Inga III illustrent une ambition plus large : inscrire la coopération dans des secteurs à fort impact continental. Comme le rappelait Jacques Delors, « on ne tombe pas amoureux d’un marché, on construit une relation de long terme ». Une formule qui résonne dans un contexte où l’économie devient aussi une diplomatie d’influence.

Entre promesse industrielle et réalité du terrain

Avec 8 milliards USD d’investissements cumulés, la présence française en RDC est réelle, mais encore concentrée et fragile. Elle repose sur quelques secteurs clés et un tissu limité d’entreprises installées durablement. Le défi est double : élargir la base des investisseurs et transformer les opportunités naturelles du pays en projets économiquement viables et sécurisés.

Une relation à intensifier ou à redéfinir

La 9ᵉ édition de la Semaine française de Kinshasa met en lumière une évidence : la relation économique entre la France et la RDC est à un point de bascule. Entre potentiel colossal et présence encore restreinte, l’écart reste significatif.

Pour Rémi Maréchaux, l’enjeu est désormais d’élargir l’écosystème économique franco-congolais, en s’appuyant sur les diasporas, les entreprises et les projets structurants. Reste une question centrale : la France parviendra-t-elle à transformer sa proximité historique avec la RDC en véritable puissance économique durable sur son sol ?

Car, dans les dynamiques contemporaines, les liens culturels ne suffisent plus seule l’implantation concrète écrit l’influence réelle. Comme le soulignait Jean Monnet, « rien n’est possible sans les hommes, rien n’est durable sans les institutions ». Et en matière économique, rien ne s’impose sans présence effective.

Didier BOFATSHI

Okapi, Téléphone ya ana mboka

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