L’ordre contre le béton sauvage
Selon le compte rendu de la 89ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue vendredi à la Cité de l’Union africaine et présenté sur la RTNC par le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya, la rédaction de Voltefaceinfos7.com rapporte que le président Félix Tshisekedi a ordonné le renforcement immédiat des contrôles avant toute délivrance de permis de construire. Une décision qui marque une offensive claire contre les constructions anarchiques qui défigurent les villes de la République Démocratique du Congo.
La ville sous contrôle
Désormais, chaque projet de construction devra se conformer strictement aux plans d’urbanisation, aux zones affectées et aux normes d’aménagement du territoire. Gouvernement central et provinces sont sommés d’agir en synergie. « Des mesures rigoureuses doivent être prises sans délai », a insisté Patrick Muyaya.
Reprendre le territoire urbain
Au-delà de la technique administrative, c’est une reconquête de l’espace public qui s’engage. L’État entend reprendre un territoire longtemps livré à l’informel, où l’urbanisation s’est souvent faite sans règles ni contrôle. Max Weber rappelait : « L’État revendique le monopole de la contrainte légitime ».
Kinshasa et les villes sous pression
Dans plusieurs agglomérations, les constructions sur emprises publiques, zones non viabilisées et terrains interdits se sont multipliées, traduisant un désordre urbain devenu structurel. Le nouveau cap vise à inverser cette dynamique.
La loi comme architecture du réel
Derrière cette décision, une ambition : faire de la loi le langage premier de la construction. L’enjeu n’est plus seulement urbanistique, mais institutionnel et culturel. Montesquieu avertissait : « Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires ».
Vers un État urbaniste
La réussite de cette réforme dépendra de la coordination administrative et de la constance dans l’application des règles. Car sans discipline, la norme reste un texte sans ville. Alexis de Tocqueville le résumait ainsi : « La force des lois dépend de la force des mœurs ». En RDC, la bataille du béton devient ainsi celle de l’État lui-même : entre désordre hérité et ordre à reconstruire.
Didier BOFATSHI

