RDC : Mukwege dénonce l’accord minerais USA–RDC et lie la Constitution à la paix dans l’Est

Nairobi, la parole qui dérange les équilibres diplomatiques

À l’occasion du forum Africa Forward tenu à Nairobi, le Dr Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018, a livré une critique frontale de l’accord minier négocié entre la République démocratique du Congo, les États-Unis et le Rwanda. Selon une information relayée et consultée par la rédaction de Voltefaceinfos7.com sur base de contenus publics du forum, le gynécologue congolais dénonce un déséquilibre structurel dans les relations économiques et sécuritaires.

“Une logique de prédation” au cœur des ressources congolaises

Pour Mukwege, les dynamiques actuelles autour des minerais stratégiques relèvent d’une économie extractive où la sécurité des populations demeure marginalisée. Il déclare : « Nous donnons, mais en retour nous ne recevons pas la sécurité souhaitée. »

Une formule qui résume, selon lui, la contradiction centrale de l’accord : l’exploitation des ressources congolaises dans un contexte de persistance des violences armées dans l’Est du pays, notamment au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.

L’Est, ligne rouge constitutionnelle et politique

Au-delà de la question économique, Mukwege lie directement la stabilité sécuritaire à la légitimité des processus politiques internes. Il rejette toute révision constitutionnelle ou référendum tant que l’Est reste en insécurité. Dans sa logique, une consultation nationale ne peut être valide si certaines provinces ne peuvent participer pleinement au processus démocratique en raison des conflits armés.

Accords internationaux et asymétrie stratégique

L’accord soutenu par les États-Unis entre Kinshasa et Kigali inclut un volet économique centré sur les minerais stratégiques. Dans ce contexte, Mukwege estime que les engagements diplomatiques peinent à se traduire en amélioration tangible de la sécurité.

Sa critique s’inscrit dans une lecture plus large des rapports entre puissance, ressources et violence, où l’économie précède souvent la stabilisation des territoires.

La communauté internationale face à ses responsabilités

Le prix Nobel de la paix dénonce également l’inaction persistante de la communauté internationale face aux souffrances des populations civiles. Dans son analyse implicite, l’ordre diplomatique mondial semble privilégier la gestion des intérêts stratégiques au détriment de la protection humaine.

La paix comme condition politique, pas variable secondaire

« La justice sans sécurité n’est qu’une promesse suspendue », résume une lecture contemporaine des crises prolongées. Et dans la voix de Mukwege, se dessine une exigence centrale : aucune réforme politique ne peut être dissociée de la réalité vécue dans les zones de guerre. Comme le rappelait Albert Camus, « la paix est le seul combat qui vaille d’être mené ». En RDC, ce combat reste encore inachevé, suspendu entre minerais, diplomatie et survie humaine.

Didier BOFATSHI

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