
Les écoles sous pression
Selon le compte rendu de la 89ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue vendredi à la Cité de l’Union africaine et présenté par le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya sur la RTNC, le président Félix Tshisekedi a tiré la sonnette d’alarme face à la spoliation croissante des biens immobiliers destinés à l’éducation en République démocratique du Congo. Une alerte présidentielle qui met en lumière un phénomène inquiétant : la transformation progressive de sites scolaires en espaces commerciaux.
Le béton contre le savoir
Derrière les chiffres administratifs, une réalité brutale s’installe. Des terrains scolaires et universitaires sont occupés, morcelés, détournés. Hôtels, supermarchés, immeubles privés : le foncier éducatif se dilue dans le marché urbain. « Plusieurs espaces réservés à l’enseignement font aujourd’hui l’objet d’occupations irrégulières », a dénoncé Patrick Muyaya.
L’État face à ses propres ombres
Cette situation révèle une tension structurelle : la pression foncière dans les grandes villes congolaises, combinée à des mécanismes de contrôle insuffisants, fragilise la protection du patrimoine public. L’école, espace de transmission, devient enjeu immobilier. Victor Hugo rappelait : « Ouvrir une école, c’est fermer une prison. » Ici, c’est parfois le contraire qui menace : fermer l’école pour ouvrir le marché.
Patrimoine en péril
Au-delà de la dénonciation, le chef de l’État appelle à des mesures urgentes pour restaurer la vocation initiale de ces espaces. Mais la problématique dépasse la seule décision politique : elle interroge la gouvernance foncière, la rigueur administrative et la responsabilité collective.
Dans une RDC en urbanisation rapide, chaque parcelle éducative perdue est une génération hypothéquée. Comme le disait Nelson Mandela, « l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde ». Encore faut-il qu’elle ait un lieu pour exister
Didier BOFATSHI
