
Kinshasa ouvre le dossier brûlant des universités
Selon l’information consultée sur Radio Okapi par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo a lancé, le 7 mai 2026 à Kinshasa, une commission d’enquête sur la gestion des frais académiques dans les universités publiques. Objectif : auditer la perception et l’utilisation des fonds étudiants dans un système de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) régulièrement accusé d’opacité financière.
Les finances étudiantes sous la loupe
La commission, composée de 23 membres, dispose de 20 jours pour examiner les flux financiers liés aux frais de dossier, frais techniques et autres prélèvements. Elle intervient après des dénonciations de mauvaise gestion, notamment des retards dans la délivrance des diplômes malgré le paiement des frais exigés, et des soupçons de détournements de quotités universitaires.
Accusations et zones d’ombre
À l’origine de l’initiative, le député André Mushongo évoque des irrégularités persistantes : non-versement de fonds au Trésor, perception de frais de construction dans des établissements déjà financés par l’État, ou encore facturation de services numériques supposément gratuits. Le système universitaire apparaît ainsi fragmenté entre normes officielles et pratiques informelles.
Une gouvernance à réformer
Cette enquête parlementaire met en lumière une question structurelle : la gouvernance des universités publiques dans un contexte de pression financière et de faible contrôle institutionnel. « La corruption est une forme de violence lente contre la société », écrivait Joseph Stiglitz. Dans le cas de l’ESU, cette violence est administrative, silencieuse mais persistante.
Un test de crédibilité institutionnelle
Au-delà des chiffres, l’enjeu est politique : restaurer la confiance dans un système éducatif fragilisé. L’enquête pourrait déboucher sur des réformes profondes ou, au contraire, révéler les limites structurelles du contrôle parlementaire. Dans les universités congolaises, la transparence devient désormais un impératif de survie institutionnelle.
Didier BOFATSHI
