Bunia sous choc : 400 000 dollars et de l’or emportés dans une nuit de terreur armée

Une attaque fulgurante au cœur de la nuit

Une nouvelle flambée d’insécurité a secoué la ville de Bunia dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9 mai 2026. Au quartier Mudzi-Pela, commune de Shari, des hommes armés non identifiés ont pris pour cible la résidence de Maître Boniface Londjiringa, avant de disparaître avec un butin spectaculaire. Selon les informations consultées par 7sur7, les assaillants ont agi aux environs de 1h30 du matin, en pleine obscurité, déclenchant une opération violente et méthodique.

Le braquage millimétré

En quelques minutes, la scène bascule dans le chaos. Des tirs retentissent à l’extérieur puis à l’intérieur de la maison brisant le silence nocturne et semant la panique dans tout le quartier. Les assaillants forcent un coffre-fort sous la menace des armes et repartent avec environ 400 000 dollars américains, 250 grammes d’or, des bijoux, des chaînettes et plusieurs effets personnels, dont 12 téléphones portables. Une somme additionnelle de 550 dollars appartenant au chauffeur est également emportée. Dans la violence de l’assaut, une jeune fille présente dans la maison est agressée physiquement. Une caméra de surveillance est détruite, effaçant toute trace directe du passage des assaillants.

Une ville sous pression permanente

À Bunia, la stupeur n’est plus une exception : elle devient une routine nocturne. Le chef du quartier Mudzi-Pela, Benjamin Balinda Alyegera, confirme le retour progressif au calme grâce à l’intervention des patrouilles de sécurité appuyées par la population. Mais derrière cette accalmie apparente, un constat s’impose : l’insécurité urbaine s’installe dans la durée. Les habitants évoquent une succession de cas similaires, presque chaque nuit, dans plusieurs quartiers de la ville. Malgré les patrouilles régulières, la peur circule plus vite que les forces de sécurité.

L’ombre d’une insécurité structurelle

Cet énième braquage révèle une réalité plus profonde : Bunia vit sous une pression sécuritaire constante, où les groupes armés, le banditisme urbain et les failles du dispositif de sécurité cohabitent dans un équilibre instable. La répétition des attaques interroge la capacité de dissuasion des forces locales face à des réseaux armés de plus en plus audacieux et organisés. Dans ce climat, la frontière entre criminalité urbaine et dynamique armée plus large reste floue, alimentant une insécurité diffuse et persistante.

Une économie fragile exposée

Le montant du butin plusieurs centaines de milliers de dollars et de l’or met aussi en lumière une autre dimension : la vulnérabilité des richesses privées dans un environnement sécuritaire instable. Dans une ville où circulent parfois des flux financiers informels importants, les domiciles deviennent des cibles privilégiées, symboles d’une économie exposée et peu protégée.

La nuit comme champ de bataille

À Bunia, la nuit n’est plus seulement un moment de repos. Elle devient un espace de confrontation silencieuse entre populations et forces invisibles du banditisme armé. Comme le rappelait l’écrivain Albert Camus : « La peur est toujours plus forte que le danger lui-même. » Dans la capitale de l’Ituri, cette peur s’installe, se répète, et finit par structurer le quotidien. Et tant que l’obscurité continuera de dicter ses lois, la question restera suspendue : qui contrôle réellement la nuit à Bunia ?

Didier BOFATSHI

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