
Le pacte des remparts
Kinshasa, 22 juin 2026. Dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes dans l’Est de la République Démocratique du Congo, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a accueilli lundi, aux côtés de la Première Dame Denise Nyakeru Tshisekedi, son homologue burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine. Selon la Présidence de la RDC, cette visite officielle vise à renforcer les relations entre Kinshasa et Gitega autour des questions sécuritaires, de la riposte contre Ebola et des priorités de l’Union africaine. Au-delà du cérémonial, la rencontre porte une ambition plus vaste : consolider un axe de coopération entre deux États confrontés aux mêmes turbulences régionales et attachés à la stabilité des Grands Lacs.
Quand les frontières parlent le même langage

Selon la Présidence de la RDC, « les discussions entre les deux chefs d’États porteront notamment sur les questions sécuritaires, la riposte contre Ebola et la présidence burundaise de l’Union africaine ». Ces mots traduisent une réalité stratégique. Face aux menaces qui pèsent sur la région, la diplomatie devient une ligne de défense autant qu’un instrument de paix. « La paix n’est pas seulement l’absence de guerre ; elle est l’œuvre de la justice », rappelait Martin Luther King Jr.
Dans les coulisses de cette visite se dessine ainsi une convergence croissante entre Kinshasa et Gitega autour de la sécurité collective et du respect de la souveraineté des États.
Ebola, l’ennemi sans passeport
La santé figure également au cœur des échanges. Car les épidémies ignorent les frontières. La coordination sanitaire apparaît dès lors comme une nécessité stratégique autant qu’humanitaire. Comme l’écrivait Albert Camus : « Ce qui est vrai de tous les maux du monde, c’est qu’ils nous aident à nous dépasser. » La lutte contre Ebola rappelle que la solidarité régionale demeure un impératif de survie.
Le souffle discret d’une alliance
Cette visite intervient alors que la région des Grands Lacs demeure confrontée à des défis sécuritaires complexes. Sans désigner explicitement d’adversaire, plusieurs capitales de la région plaident pour une coopération renforcée afin de faire face aux risques de déstabilisation et aux menaces transfrontalières.
L’arrivée à Kinshasa du président de l’Union africaine confère ainsi une portée continentale à cette rencontre. Plus qu’une visite d’État, elle symbolise la recherche d’un front diplomatique capable de transformer les inquiétudes en initiatives communes.
« Il n’y a pas de développement sans sécurité, ni de sécurité sans développement », affirmait Kofi Annan.
À Kinshasa, ce lundi, les poignées de main ont parlé autant que les discours. Et dans le silence des salons diplomatiques, l’avenir sécuritaire des Grands Lacs a peut-être écrit une nouvelle ligne de son histoire. Comme le soulignait Victor Hugo, « l’avenir est une porte, le passé en est la clé ».
Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime
