La mémoire du sous-sol retrouve sa voix

TERVUREN, Belgique, 9 juin 2026. Une page discrète mais décisive de l’histoire minière congolaise est en train de s’écrire. Selon l’information consultée sur Opinion-info.cd par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a engagé en Belgique un processus de digitalisation et de restitution progressive des archives géologiques de la République démocratique du Congo, conservées depuis des décennies hors du territoire national.

Accompagné des responsables des structures sous tutelle de son ministère, il a rencontré à Tervuren les détenteurs de ces données stratégiques ainsi que des représentants belges et européens impliqués dans leur numérisation. Une feuille de route opérationnelle et une task force ont été annoncées afin d’organiser leur retour progressif vers la RDC.

Les trésors invisibles du savoir

Derrière les cartes, rapports et relevés géologiques se cache une richesse moins visible que les minerais eux-mêmes : la connaissance. Ces archives constituent une boussole scientifique indispensable pour orienter l’exploration, attirer les investissements et identifier de nouveaux gisements.

« L’information est au cœur de toute gouvernance efficace », rappelait l’économiste Jean Tirole. Dans un monde où les minerais critiques attisent les convoitises, maîtriser les données revient désormais à maîtriser une part de son destin économique.

La décolonisation silencieuse des données

Cette initiative dépasse le simple transfert documentaire. Elle s’inscrit dans une dynamique de réappropriation du patrimoine scientifique national. Longtemps, une partie du savoir géologique congolais a été produite et conservée à l’étranger, héritage direct de l’histoire coloniale.

La visite des archives et de la cartothèque du Musée Royal de l’Afrique Centrale a illustré cette mémoire dispersée. La remise au ministre d’une carte historique du Congo datant de 1952 a revêtu une portée symbolique particulière.

Quand la souveraineté passe par la connaissance

Les échanges ont également porté sur le programme PANAFGEO+, lancé à Kinshasa en mars dernier pour renforcer les capacités des services géologiques africains grâce à la digitalisation et au partage d’expertise.

Pour Kinshasa, cette démarche s’inscrit dans la vision du président Félix Tshisekedi et de la Première ministre Judith Suminwa de renforcer la maîtrise nationale des ressources stratégiques. Car la souveraineté moderne ne se mesure plus seulement à l’étendue d’un territoire, mais à la capacité d’en comprendre les profondeurs.

Comme l’écrivait Francis Bacon : « Le savoir, c’est le pouvoir. » À Tervuren, la RDC n’est pas venue chercher uniquement des archives ; elle est venue récupérer une partie de sa mémoire, afin de mieux écrire son avenir.

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

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