À Yaoundé, la voix d’un pays meurtri résonne

 À la 51ᵉ session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), ouverte vendredi 10 juillet à Yaoundé, la République démocratique du Congo a renouvelé son plaidoyer en faveur du respect du droit international et du rétablissement d’une paix durable dans l’Est du pays. Kinshasa a également appelé à une solidarité accrue face aux défis sanitaires, notamment Ebola.

La RDC APF Yaoundé a transformé la tribune francophone en une scène diplomatique majeure. Conduite par le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, et le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, la délégation congolaise a porté devant les parlementaires francophones le dossier sécuritaire de l’Est du pays et ses lourdes conséquences humanitaires.

Le cri d’alarme de Kinshasa

Devant les représentants des parlements francophones, Aimé Boji Sangara a dénoncé « une guerre d’agression » dont la RDC serait victime depuis plusieurs décennies.

« Depuis trop longtemps, mon pays est victime d’une guerre d’agression dont les conséquences humanitaires sont parmi les plus tragiques de notre époque », a-t-il déclaré, évoquant des millions de déplacés, de victimes civiles et de communautés privées de leur droit à vivre en paix.

Le président de l’Assemblée nationale a également accusé le Rwanda de poursuivre des opérations militaires sur le territoire congolais, appelant au respect des résolutions des Nations unies et à une position plus ferme de la communauté internationale.

Comme l’écrivait Victor Hugo, « la guerre, c’est la guerre des hommes ; la paix, c’est la guerre des idées ». À Yaoundé, Kinshasa a choisi le terrain diplomatique pour défendre sa souveraineté.

Le multilatéralisme à l’épreuve

« Il ne peut exister de multilatéralisme crédible si les engagements internationaux peuvent être violés impunément », a insisté Aimé Boji Sangara.

Cette déclaration traduit une interrogation plus profonde sur l’efficacité des mécanismes internationaux de prévention et de règlement des conflits. Pour les autorités congolaises, la crédibilité des institutions multilatérales dépend de leur capacité à faire respecter les principes qu’elles défendent.

Ebola, l’autre urgence

Au-delà de la sécurité, la RDC a également alerté sur la résurgence d’Ebola dans le nord-est du pays. Kinshasa a appelé les États membres de la Francophonie à renforcer leur coopération sanitaire, rappelant l’expertise congolaise dans la gestion des épidémies.

Ainsi, la participation congolaise à l’APF dépasse le seul cadre diplomatique. Elle s’inscrit dans une stratégie visant à mobiliser davantage de soutiens internationaux en faveur de la paix, de la santé publique et du respect de la souveraineté nationale.

Comme le rappelait Albert Camus, « la paix est le seul combat qui mérite d’être mené ». Pour la RDC, la bataille diplomatique engagée à Yaoundé apparaît désormais comme un prolongement essentiel de la quête de stabilité dans la région des Grands Lacs.

Didier BOFATSHI

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