RDC : 5,3 milliards $ perdus les entreprises publiques engloutissent l’État

Effondrement silencieux

Kinshasa, 9 mai 2026. La Banque mondiale révèle un choc économique majeur en République Démocratique du Congo : 5,3 milliards de dollars de pertes accumulées entre 2014 et 2023 au sein des entreprises publiques, selon un rapport consulté par la rédaction de Voltefaceinfos7.com et relayé par RFI. SNEL, REGIDESO, Gécamines et autres entités étatiques apparaissent comme les points de fracture d’un système où l’électricité, l’eau et les transports restent défaillants malgré une économie minière en croissance.

La dette qui avale l’État

Ces entreprises publiques portent une dette équivalente à 7,3 % du PIB, soit près de 42 % de la dette extérieure du pays. La SNEL concentre à elle seule la majeure partie des engagements. Le rapport décrit des structures qui empruntent non pour investir, mais pour survivre. « Les déséquilibres sont devenus systémiques », souligne la Banque mondiale.

Services en panne, peuple en attente

Dans les faits, seuls 22 % des Congolais ont accès à l’électricité, tandis que la REGIDESO ne couvre que 16 % de la population en eau potable. Les pertes techniques atteignent 37 % pour l’énergie et 40 % pour l’eau. Les infrastructures existent, mais se vident de leur substance, comme des réseaux fantômes.

Richesse minière, État fragile

Paradoxe central : la RDC exporte des millions de tonnes de cuivre, mais ses entreprises publiques minières restent déficitaires. MIBA et Gécamines illustrent une économie extractive incapable de se transformer en puissance de développement. Comme le rappelait l’économiste Douglass North, « les institutions sont les règles du jeu ». En RDC, ces règles semblent brisées.

L’État à la croisée des ruines

« Sans institutions solides, la richesse devient mirage », avertit un expert de la Banque mondiale. Dans ce pays aux ressources immenses mais aux infrastructures défaillantes, la question demeure brûlante : comment transformer la richesse du sol en puissance de vie réelle ? Comme le disait Daron Acemoglu, « les institutions déterminent la prospérité ». En RDC, elles en dessinent encore les limites.

Didier BOFATSHI

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