Quand le savoir tombe sous les balles

À Kinshasa, la nuit a encore parlé plus fort que la raison. Au Plateau des Professeurs, lieu censé abriter la pensée et le silence studieux, les armes ont dicté leur loi. Le professeur Mathieu Abatha n’est plus. Et avec lui, une part du savoir congolais a été brutalement fauchée.

Une nuit, des balles, un symbole

Il était environ une heure du matin lorsque des hommes armés ont franchi le seuil du domicile du professeur Abatha. L’irruption fut brève, la violence fulgurante. Des tirs à bout portant. Le corps du maître s’effondre, la parole universitaire se tait. Ce n’est pas seulement un homme qui tombe, c’est une institution morale qui vacille.

L’université prise en otage

Professeur de Lettres et de civilisation française à l’UNIKIN, Mathieu Abatha incarnait la transmission, la rigueur, la lenteur féconde de la pensée. Son assassinat expose une vérité crue : même les sanctuaires du savoir ne sont plus épargnés par l’insécurité urbaine.

Silences, soupçons et justice attendue

L’arrestation d’un policier présent dans la zone ajoute une ombre lourde au drame. Pour l’heure, les autorités appellent à la retenue. L’enquête dira les mobiles. La justice, espère-t-on, rompra le silence.

Ce crime s’inscrit dans une spirale inquiétante de violences nocturnes. Il lance un avertissement sévère : une société qui n’assure pas la sécurité de ses enseignants fragilise son avenir. Le professeur Abatha est tombé. La République, elle, doit se relever.

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