Quand le prétoire change de visage

Kinshasa, jeudi 25 juin 2026. La deuxième audience du procès Tshiwewe et consorts a pris un tournant majeur avec l’intégration du lieutenant-général Constant Ndima comme juge assesseur au sein de la Haute Cour militaire. Avant l’examen du fond, l’officier supérieur a prêté serment conformément au Code judiciaire militaire, tandis que la Cour a reporté les débats de fond après le dépôt de plusieurs mémoires par les avocats. Ce choix traduit une même exigence : consolider les garanties procédurales avant d’aborder un dossier où se jouent responsabilité militaire, crédibilité judiciaire et confiance publique.

Le glaive et la balance

Le ministère public a rappelé le fondement légal de cette étape : « Comme le prévoit la loi (…), les membres de la composition non revêtus de la qualité de magistrat prêtent le serment prévu par l’article 27 du Code judiciaire militaire. » Cette prestation consacre l’engagement du juge assesseur à participer au jugement avec impartialité. Comme l’écrivait Montesquieu, « Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois. » La forme protège ici le fond.

Le temps de la justice

Le premier président de la Haute Cour a rappelé que « la première audience a été consacrée à l’identification des prévenus et à la lecture des préventions », avant de préciser que les mémoires déposés imposaient leur examen préalable. Autrement dit, la justice choisit le rythme du droit plutôt que celui de la précipitation.

L’expertise au banc des juges

L’arrivée de Constant Ndima dépasse une simple recomposition de la Cour. Le juge assesseur apporte une lecture technique des réalités militaires, indispensable dans une affaire impliquant d’anciens hauts commandants des FARDC. Aristote rappelait que « l’équité est la justice adaptée aux circonstances particulières ». Cette expertise nourrit la compréhension sans se substituer à la loi.

En définitive, cette audience rappelle que la force d’une justice se mesure autant à la compétence de ceux qui jugent qu’au respect scrupuleux de la procédure. « La justice élève une nation », enseigne le Livre des Proverbes. Et Victor Hugo prolonge cette leçon : « Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue. » Pour la Haute Cour militaire, l’heure est désormais à l’examen du fond, sous le sceau du droit et de la responsabilité.

Didier BOFATSHI

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