
Silence sous tension éducative
Au Nord-Kivu II, couvrant Beni, Butembo et Lubero, les inspecteurs de l’enseignement menacent de boycotter les épreuves certificatives nationales de 2026. Dans un mémorandum daté du 27 mai, ils dénoncent des primes impayées et l’absence de garanties financières. Selon les informations consultées sur okapi.net par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, la crise pourrait toucher l’ENAFEP, le TENASOSP, l’Examen d’État et le JUNACYC, plongeant des milliers de candidats dans l’incertitude, dans une province déjà fragilisée par l’insécurité.
Prime fantôme, colère réelle
Les inspecteurs parlent d’un engagement « citoyen » non récompensé. Samuel Kakule Kombi, du SYNIECO Nord-Kivu, déclare : « Nous avons assuré les épreuves malgré les promesses non tenues ». Derrière la parole, une fracture : 49 % seulement des frais 2025 auraient été payés. L’État promet, tarde, puis se tait.
Examen menacé, nation inquiète
La menace dépasse la revendication salariale. Elle touche le cœur du système éducatif. Max Weber rappelait que l’État repose sur la légitimité de ses engagements. Ici, cette légitimité vacille. Le boycott annoncé agit comme une pression directe sur l’unité des examens nationaux.
Nord-Kivu sous tension administrative
Beni, Butembo, Lubero : un triangle éducatif sous pression. Dans une zone marquée par l’insécurité, l’école devient un front invisible. Les examens, rite républicain, risquent la fragmentation. Durkheim avertissait : l’éducation « reproduit les conditions de la société ». Si elle se brise, c’est la cohésion qui vacille.
État interpellé, silence prolongé
Le ministère de l’Éducation nationale n’a pas encore réagi. Le temps administratif contraste avec l’urgence du terrain. Les inspecteurs préviennent : sans régularisation, ils se retireront du dispositif national.
L’école au bord du silence
« Une société qui néglige son école prépare sa propre fragilité », avertit un principe souvent rappelé en gouvernance publique. Hannah Arendt écrivait : « Le pouvoir naît entre les hommes lorsqu’ils agissent ensemble ». Ici, ce pouvoir s’effrite dans le silence des paiements non effectués et des promesses suspendues.
Didier BOFATSHI

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