Pour Benyamin Netanyahou, la guerre ouverte contre l’Iran n’est pas un accident de l’histoire, mais son aboutissement. Après les frappes ayant visé et tué Ali Khamenei et plusieurs hauts responsables iraniens, Israël revendique l’initiative stratégique. À Jérusalem, le moment est perçu comme historique : affaiblir durablement le régime, réduire ses capacités nucléaires et balistiques, et redessiner l’équilibre régional.
Frapper le premier
« Face à celui qui vient te tuer, lève-toi et tue le premier », enseigne le Talmud. La maxime résume la doctrine israélienne de la frappe préventive. En ciblant le sommet de l’appareil iranien, Israël a choisi la décapitation stratégique. Carl von Clausewitz écrivait que la guerre vise à « désarmer l’ennemi ». En neutralisant le centre décisionnel, Tel-Aviv cherche à paralyser la capacité de riposte et à fracturer la chaîne de commandement.
La menace existentielle
Depuis plus de vingt ans, Netanyahou décrit l’Iran comme une « menace existentielle immédiate ». L’argument sécuritaire structure son discours intérieur et extérieur. Le nucléaire iranien, les missiles balistiques, les réseaux alliés dans la région : autant de lignes rouges.
Pour Hans Morgenthau, la survie de l’État est la priorité absolue. Israël inscrit son action dans cette logique : prévenir avant de subir.
Washington entraîné
Depuis des semaines, le Premier ministre israélien pressait Donald Trump d’abandonner la diplomatie. Les États-Unis ne sont plus seulement un soutien logistique ; ils sont désormais partie prenante. L’asymétrie de perception demeure : existentielle pour Israël, stratégique mais optionnelle pour une partie de l’opinion américaine.
Henry Kissinger rappelait que « l’histoire juge les dirigeants sur leur capacité à saisir l’instant ». Netanyahou semble convaincu que cet instant est arrivé.
Régime à l’épreuve
Décapiter ne signifie pas renverser. Le pouvoir iranien, enraciné institutionnellement et idéologiquement, peut se recomposer. L’effet recherché est double : affaiblir militairement et provoquer un séisme politique interne. Mais toute guerre prolongée comporte un risque d’enlisement et de riposte régionale.
Pour Benyamin Netanyahou, l’heure n’est plus à la dissuasion graduée, mais à la transformation stratégique. Briser le régime iranien serait, à ses yeux, sécuriser une génération. Reste l’inconnue majeure : la résilience de Téhéran.
Comme l’écrivait Raymond Aron, « les nations font la guerre avec les moyens qu’elles ont et les illusions qu’elles se forgent ». Entre calcul et conviction, Israël joue une partie dont l’issue dépassera ses frontières.
Le Figaro / VF7, via voltefaceinfos7.com