Entre les nominations de l’AFC/M23 et la suspension des cours, l’université se retrouve au cœur du conflit institutionnel.

Le 26 août 2026, Denis Mukwege a dénoncé les nominations d’autorités académiques annoncées par l’AFC/M23 dans les zones qu’il contrôle. Le prix Nobel de la paix critique aussi la suspension des activités académiques décidée par Kinshasa dans onze établissements publics de Goma et Bukavu. Il appelle les acteurs de la crise à préserver l’éducation.

Onze établissements suspendus à Goma et Bukavu

La décision de Kinshasa découle d’un arrêté ministériel signé le 20 août 2026. Il suspend, jusqu’à nouvel ordre, les activités académiques et para-académiques de l’année 2026-2027 dans onze établissements publics. Cinq se trouvent à Goma et six à Bukavu.

La mesure concerne notamment les inscriptions, les enseignements, les évaluations et les délibérations. Une dérogation permet toutefois aux finalistes de 2025-2026 d’achever leur cursus dans des établissements légalement reconnus. Le ministère justifie sa décision par la situation sécuritaire et la protection des étudiants et du personnel.

Mukwege dénonce une double pression

Dans son communiqué du 26 août, Denis Mukwege déclare : « Je condamne avec la plus grande fermeté les nominations des nouvelles autorités académiques dans les institutions supérieures et universitaires par les mouvements armés AFC/M23/RDF dans les zones occupées d’une part, et la suspension des activités académiques par le régime de Kinshasa d’autre part. »

Il ajoute : « Après la fermeture des aéroports, des banques, la restriction de l’aide humanitaire et des mouvements de la population, la fermeture des universités vient resserrer l’étau sur 12 millions de nos compatriotes du Nord et du Sud-Kivu abandonnés à leur triste sort… Briser aujourd’hui leur espoir de rêver, d’apprendre, de se former pour réaliser leurs aspirations et servir notre société, est une ligne rouge inacceptable ».

Mukwege demande la fin de l’ingérence militaire dans la gestion universitaire. Il réclame aussi une reprise sécurisée des cours dans les zones concernées.

La bataille autour de la continuité du savoir

Nelson Mandela : « L’éducation est l’arme la plus puissante que vous puissiez utiliser pour changer le monde. »

Cette pensée offre la clé de lecture de Voltefaceinfos7.com. Le conflit ne touche plus seulement les institutions politiques et sécuritaires. Il atteint aussi les mécanismes de transmission du savoir.

L’essentiel reste donc précis : la continuité du savoir dans un territoire marqué par la confrontation des autorités. Les nominations de l’AFC/M23 et la suspension décidée par Kinshasa constituent deux faits distincts. Leur coexistence place cependant les universités au centre d’un conflit de légitimité institutionnelle.

Une question qui dépasse les Kivu

L’enjeu concerne les étudiants, les enseignants, les diplômes et la recherche. Il touche aussi la capacité de l’État et des acteurs du conflit à préserver les services publics essentiels pendant les négociations de paix.

La suspension répond à un impératif sécuritaire officiellement invoqué par Kinshasa. L’AFC/M23 la rejette et affirme qu’elle porte atteinte au droit à l’éducation. Cette divergence montre que l’université devient également un espace de confrontation politique.

Une université ne transmet pas seulement des diplômes. Elle transmet des compétences, des méthodes et une capacité à construire l’avenir.

Comment garantir la continuité du savoir dans les Kivu lorsque la sécurité et la légitimité institutionnelle restent disputées ?

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Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

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