Au Mémorial du GENOCOST, la Première Dame angolaise a rendu hommage aux victimes. Son message relie mémoire, paix et solidarité régionale.

En visite de travail à Kinshasa le 26 août 2026, Ana Dias Lourenço a visité le Mémorial du GENOCOST avec Denise Nyakeru Tshisekedi. Elle y a rendu hommage aux victimes des violences commises en RDC. Son message en faveur de la paix donne une dimension régionale au devoir congolais de mémoire.

Une visite au cœur de la mémoire congolaise

La Première Dame angolaise s’est rendue au Mémorial du GENOCOST accompagnée de son homologue congolaise. Cette visite intervenait en marge du déplacement du président João Lourenço à Kinshasa.

Ana Dias Lourenço a découvert le travail de conservation et de transmission de la mémoire. Elle a aussi pris connaissance du plaidoyer congolais pour la reconnaissance des crimes de masse commis en RDC. À l’issue de la visite, elle a déclaré : « Nous, en Angola, sommes aux côtés de la paix, de l’union de la RDC, pour une véritable union du continent africain. Non à la violence, non aux barbaries. »

GENOCOST : mémoire, justice et réparation

Le GENOCOST désigne, dans le discours institutionnel congolais, les crimes de masse associés à l’exploitation des ressources de la RDC. Le pays organise chaque 2 août une journée nationale de commémoration. La loi du 26 décembre 2022 a également créé le Fonds national des réparations des victimes, le FONAREV.

Le travail reste toutefois considérable. Selon les données communiquées début août, environ 1,2 million de victimes avaient été enregistrées. Seules 4 000 avaient alors été homologuées par la justice et intégrées à la liste des bénéficiaires des réparations administratives.

Une mémoire qui dépasse les frontières

L’angle essentiel de cette visite réside dans l’internationalisation progressive du devoir de mémoire. Le geste angolais constitue un signal politique de solidarité. Il ne vaut toutefois pas, à lui seul, reconnaissance juridique internationale de la qualification de génocide.

Cette distinction reste fondamentale. Comme l’écrivait George Santayana, « ceux qui ne peuvent se souvenir du passé sont condamnés à le répéter ». Dans le cas congolais, la mémoire ne doit donc pas seulement conserver les traces du passé. Elle doit aussi contribuer à prévenir la répétition des violences.

De la mémoire à la paix

La visite prend une résonance particulière dans les relations RDC-Angola. Luanda joue depuis plusieurs années un rôle dans les efforts diplomatiques liés à la crise sécuritaire dans l’Est congolais. La coopération entre les deux pays comporte aussi des dimensions économiques et stratégiques, notamment autour du corridor de Lobito.

Le véritable enjeu dépasse donc la cérémonie. La mémoire peut-elle devenir un instrument durable de justice, de réparation et de paix entre les peuples africains ?

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Source  : Fonds national des réparations des victimes (FONAREV).

Didier BOFATSHI

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