Kinshasa : Mick Matadi Nkaziangani, du fauteuil de bénéficiaire au fauteuil de Directeur Général, une ascension brisée aux portes de l’éternité

Disparition d’un symbole social

Kinshasa a perdu bien plus qu’un homme. Le samedi 13 juin 2026, c’est une page de courage, de résilience et d’espérance qui s’est refermée avec le décès de Mick Matadi Nkaziangani, affectueusement appelé Djo Mick ou Vieux Matadi. Éteint au Centre Hospitalier Universitaire du Cinquantenaire des suites d’une crise, il a laissé derrière lui une capitale en deuil et une communauté frappée par le silence de l’absence.

L’annonce de sa disparition a résonné comme un glas dans les milieux associatifs et communautaires. Avec lui s’est éteinte une voix rassurante, un sourire familier, une présence qui incarnait la victoire de la volonté sur l’adversité.

Une trajectoire devenue lumière

Ancien bénéficiaire de l’Association Congolaise pour l’Assistance Orthopédique aux Jeunes Handicapés (ACAOJH), devenue ACDF, il avait d’abord reçu l’aide nécessaire pour retrouver sa mobilité. Mais là où beaucoup auraient vu une fin, il avait discerné un commencement.

De bénéficiaire, il est devenu acteur ; d’acteur, responsable ; de responsable, Directeur Général. Son parcours a défié les pronostics et donné un visage humain à la résilience. Comme l’affirmait Nelson Mandela : « Tout semble impossible jusqu’à ce qu’on le fasse. »

L’homme qui a transformé la fragilité en héritage

Sous la direction de Jay Nash, il a gravi les échelons avec patience et détermination. Ses collaborateurs ont retenu un dirigeant au langage doux, mais aux convictions fermes. Son autorité n’a jamais tonné ; elle a rayonné.

L’ACAOJH-ACDF n’a pas seulement accompagné son parcours ; elle a été le berceau d’une métamorphose sociale exemplaire. À travers lui, les limites physiques ont cessé d’être des frontières pour devenir des passerelles vers l’accomplissement. Les mots d’Amartya Sen prennent ici tout leur sens : « Le développement consiste en l’expansion des libertés réelles. »

Le silence de Mingadi, l’écho d’une vie

La veillée mortuaire est prévue le 19 juin derrière la Cathédrale du Centenaire. Le 20 juin, un culte de recueillement précédera son inhumation au cimetière de Mingadi.

Pour ceux qui l’ont connu, la mort a emporté un homme, mais elle n’a pas vaincu son témoignage. Car certaines existences continuent de marcher longtemps après que leurs pas se sont arrêtés.

« L’essentiel est invisible pour les yeux », écrivait Antoine de Saint-Exupéry. Aujourd’hui, l’essentiel porte le nom de Mick Matadi Nkaziangani : une mémoire vivante, une leçon de dignité et une lumière que le temps n’effacera pas.

Didier BOFATSHI

 

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