
Une main levée pour la Nation
À Zapopan, près de Guadalajara au Mexique, dans la nuit du 23 au 24 juin 2026, la RDC a perdu face à la Colombie (1-0). Pourtant, une autre image a marqué les esprits. Après vingt-et-un jours de quarantaine imposés par les restrictions liées à l’épidémie d’Ebola, Michel Kuka Mboladinga, alias « Lumumba Vea », a enfin rejoint les tribunes du stade Akron pour soutenir les Léopards. Sa présence, attendue comme un symbole, a transcendé le simple cadre sportif.
Le silence qui rugit
« Le plus connu des supporters des Léopards a finalement pu assister à un match de la RDC dans cette Coupe du monde américaine. » Droit comme un pilier, la main droite levée, immobile durant toute la rencontre, il a reproduit la posture qui l’a rendu célèbre.
Cette image évoque immédiatement celle de Patrice Emery Lumumba. Mais ici, le symbole change de terrain. Il ne s’agit plus d’indépendance politique. Il s’agit d’un patriotisme sportif porté dans les gradins. Le corps devient message. Le silence devient encouragement.
Quand l’histoire change de maillot
« Il a pu prendre place en tribunes pour porter les couleurs de la RDC », malgré un stade largement acquis à la Colombie. Son geste rappelle que les nations vivent aussi à travers leurs symboles.
Comme l’écrivait Ernest Renan, « la nation est un plébiscite de tous les jours ». À Guadalajara, cette fidélité s’est exprimée sans un mot.
Le douzième Léopard
Sa présence n’a pas empêché la défaite. Mais elle a rappelé une vérité plus profonde : le football se joue aussi dans les tribunes. « Les symboles demeurent lorsque les scores s’effacent. »
Albert Camus observait que « tout ce que je sais avec le plus de certitude sur la morale, je le dois au football ». À Zapopan, une main levée vers le ciel a raconté bien davantage qu’un match : l’histoire d’un peuple qui continue de porter ses Léopards, même loin du terrain.
Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime
